Quel est cet arbre qui prend racine dans le Léman ?

À terme, ce résineux qui a la particularité de perdre ses aiguilles en hiver pourrait donner des airs de Louisiane à la petite plage boélande.  |R. Brousoz 

La Tour-de-Peilz
Un conifère planté aux Bains des Dames suscite bon nombre d’interrogations. La Commune livre ses explications.

Sa plantation au début du printemps n’avait pas manqué de faire causer. Et en premier lieu sur les réseaux sociaux. «Pas besoin d’avoir une formation de paysagiste pour sentir le ridicule de la situation», lisait-on par exemple sur la très animée page Facebook «La Boèlée». «C’est de la mangrove?» ou encore: «Soyez-en sûrs, il y aura bien d’autres folies de ce genre dans les cinq prochaines années», une référence à la majorité de gauche réélue à la Municipalité.

Disons-le, l’installation de ce jeune arbre aux Bains des Dames, à La Tour-de-Peilz, a de quoi intriguer. C’est qu’habituellement, les ligneux sont plantés au bord de l’eau, et non carrément dans l’eau. «C’est vrai qu’on aurait pu mettre un petit panneau explicatif», concède Élise Kaiser, municipale chargée de l’urbanisme et des travaux publics, encore un peu étonnée du brouhaha provoqué en ligne par ce nouveau baigneur à écorce.

Natif des marais états-uniens

«Il s’agit d’un cyprès chauve, annonce-t-elle d’entrée. Un arbre originaire d’Amérique du Nord.» Appelé aussi «taxaudier», Taxodium distichum est même l’arbre-emblème de la Louisiane. Peuplant les marais du sud des États-Unis, il est reconnaissable à ses hautes racines émergées, des «pneumatophores», qui lui évitent l’asphyxie et permettent un meilleur ancrage en milieux humides. «On aurait pu prendre une espèce locale comme le saule, mais ce dernier n’a pas assez de racines.»

Loin de vouloir transformer cette petite plage familiale en bayou du Mississipi, l’initiative de l’Exécutif boéland vise à apporter un peu d’ombre. «C’est une plage où il fait très chaud en plein été», relève Élise Kaiser. 

Gare aux enfants fouisseurs!

Dans son habitat d’origine, l’arbre peut atteindre 30 à 50 mètres de hauteur pour un diamètre de deux mètres. Mais pour l’heure, il apparaît encore comme un arbrisseau fragile. «Il est censé survivre, d’après les données que nous avons à disposition», dit l’édile écologiste, qui précise que la plage est abritée des grands courants. «Le plus grand danger, ce sont les enfants qui pourraient creuser dans ses racines, ajoute-t-elle. Au besoin, nous mettrons une petite barrière!»

Si cette plantation est une grande première à La Tour-de-Peilz, la Commune de Montreux s’est déjà lancée dans cette voie. Au cours des dernières années, cinq cyprès chauves ont été installés à proximité immédiate du lac.