Un puissant élan de solidarité en faveur du Syrien 

Précédé d’une explosion, l’incendie s’est déclaré vers 15h45 avant d’être maîtrisé par le SDIS Riviera.  | H. Rollier

Vevey
Frappé par un incendie le 26 juillet dernier, le fameux restaurant a pu compter sur un important soutien financier venu de la population. Une cagnotte en ligne a permis de réunir plusieurs dizaines de milliers de francs.

«Je suis de Neuchâtel, mais à chaque fois que je viens à Vevey, je m’arrête prendre un kebab chez vous.» Des messages de ce genre, il y en a des dizaines qui ont afflué sur la page de la cagnotte en ligne, lancée le 27 juillet dernier en faveur du restaurant-traiteur Le Syrien. Preuve, s’il en fallait encore, de la place occupée par la petite échoppe – tenue depuis 25 ans par Ahmad Nazem Badawi et sa famille – dans le cœur de la population veveysanne et bien au-delà.    

Le jour d’avant, la fameuse enseigne de la place Scanavin était victime d’une explosion suivie d’un incendie, dont l’épaisse fumée grise s’est vue loin à la ronde. Un drame dont les circonstances exactes restent encore à élucider. «Une fuite de gaz survenue accidentellement lors de la manipulation d’une bonbonne est vraisemblablement à l’origine du sinistre», avançait David Guisolan, porte-parole de la Police cantonale cité par 24heures. Quatre personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Dans les jours qui ont suivi, une récolte de dons lancée sur la plateforme happypot.ch a permis de réunir des dizaines de milliers de francs. Ce mardi, le montant des contributions s’élevait à 72’900 francs. Un immense élan de solidarité initié par Camille Kohli. «Je fais partie des milliers de personnes touchées par ce qui est arrivé à des gens ayant toujours fait preuve d’une bonté et d’une gentillesse sans précédent», explique-t-elle, avant de compléter: «… et qui préparent les meilleurs sandwichs falafels que la terre ait connus!»

«Sans les prévenir»

Une démarche dont l’exploitant et sa famille n’étaient, au départ, pas informés et face à laquelle ils ont émis des réticences. Jusqu’à ce qu’ils puissent échanger avec son initiatrice. «J’ai créé cette cagnotte sans les prévenir, car connaissant Ahmad et son grand cœur, je savais qu’il allait être difficile à convaincre, détaille Camille Kohli. Je suis contente qu’il ait vite changé d’avis. Depuis le 28 juillet, la famille Badawi a accès à la cagnotte et en a le contrôle total.»

«Je suis juste reconnaissante et heureuse de voir que cela touche tant de personnes et que l’entraide existe encore dans un monde moderne où les valeurs semblent parfois perdues», relève encore la Vaudoise de 39 ans. Et de citer, en guise de conclusion, ce message laissé par un contributeur à l’adresse des restaurateurs sinistrés: «Qu’ils puissent continuer à régaler nos ventres et réchauffer nos cœurs!»

De leur côté, Ahmad et sa famille n’ont pas manqué de remercier Camille Kohli et les quelque 1’400 donateurs qui ont pris part à cette vague de soutien. «Votre générosité, votre solidarité et vos nombreux messages nous touchent énormément et nous donnent de la force pour traverser cette épreuve», ont-ils publié sur les réseaux sociaux.