
L’installation Stalagtor d’Emmanuelle Antille dialogue avec une sélection d’œuvres d’artistes invités et issues des collections du musée. | Musée Jenisch Vevey
Entrer dans une exposition comme dans une forêt. À peine la lisière franchie qu’un paysage de Stéphane Zaech nous attrape l’œil pour mieux le perdre dans un panorama fantasmagorique. Puis le regard est attiré par les étranges racines de Vincent Kohler, qui entrent en résonance avec les arbres fantastiques du peintre montreusien.
Au milieu sillonne un labyrinthe d’archives personnelles, constitué de 73 images de «territoires inaccessibles» d’Emmanuelle Antille. La déambulation fait émerger des liens entre les différentes œuvres, créant des connexions sensibles.
À la manière d’une cartographie mentale et imaginaire, cette nouvelle scénographie de la plasticienne révèle un ensemble cohérent et solidaire, esquissant les détours et les chemins de traverse d’esprits créatifs.
Itinérance fertile
Après une première exposition au Manoir de la Ville de Martigny, puis une autre au CACY – Centre d’art contemporain d’Yverdon-les-Bains, ce troisième volet Wonder Way Project d’Emmanuelle Antille fait étape au Musée Jenisch. Intitulé Les Labyrinthes et les mondes oubliés, ce troisième volet est présenté dans deux salles du premier étage.
Cette exposition prolonge cette recherche en abordant les thèmes de l’errance, de la trace et de l’effacement, à l’instar de Schwanensee, l’installation de l’artiste zurichoise Susanne Keller, qui matérialise une «pensée poétique» avec ses milliers de découpages et de collages. Dans la pénombre, la bande-son et les ombres projetées participent à une plongée sous les cimes.
Une quarantaine de pièces issues des collections du musée ont également été sélectionnées, afin de figurer dans l’exposition pour entrer en résonance avec des créations contemporaines. «Tel un scénario, les œuvres dialoguent entre elles, développe celle qui est aussi cinéaste. Un jeu de correspondance se révèle, esquissant une cartographie de la métamorphose.»
À rebours d’une «logique consumériste» dictant le marché de l’art contemporain, l’artiste et curatrice née à Lausanne et vivant à Territet sélectionne des œuvres existantes, panachant les médiums, se focalisant sur l’émulation et l’énergie vive du geste. Une manière de décaler le centre de gravité des pièces exposées et de favoriser l’émergence d’un nouveau langage artistique pluriel.
Plus d’infos:
Vernissage du livre The Wonder Way Project en présence de l’artiste le 17 septembre (18h30-19h30).
«The Wonder Way Project. Les Labyrinthes et les mondes oubliés». Visite guidée de l’exposition en compagnie de l’artiste Emmanuelle Antille le 24 septembre (18h30-19h30).
Le langage vaporeux d’Eliot Möwes et les pigments friables de Lou Cohen conjuguent un ensemble où les formes affleurent. Le Musée Jenisch Vevey met en lumière les deux lauréats de la Bourse Alice Bailly des années 2025 et 2026, dans une perspective de valorisation de la création contemporaine. Les pastels de Lou Cohen et la peinture aérosol d’Eliot Möwes se déploient et se répondent dans une scénographie sobre et tamisée.
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