
«Notre événement dans le canton de Fribourg est le seul à n’avoir suscité aucune réaction», regrette Claire Berbain, chargée de communication du FiBL, le principal institut mondial de recherche en agriculture biologique fondé en Suisse en 1973. Depuis le mois d’avril, des rencontres sont organisées dans chaque canton francophone, chez des agriculteurs biologiques innovants.
Le FiBL, Bio Suisse et bio.inspecta comptent ainsi marquer leurs dix années de présence en Suisse romande. Que ce soit à Genève, Neuchâtel, Berne, Vaud ou en Valais, des responsables locaux ont à chaque fois fait le déplacement. Au domaine de Crévy jeudi passé, l’absence des élus fribourgeois et des membres des chambres et des services de l’agriculture a surpris. Ils avaient pourtant tous reçu une invitation.
«Le 29 octobre, tout le Conseil d’État participait à un événement obligatoire», a réagi le gouvernement. Et Didier Castella d’ajouter: «Le Canton est très actif dans le domaine du bio, avec par exemple un crédit pour développer la filière maraîchère bio dans le Seeland, à hauteur de 5,6 millions voté en 2021.»
Un Canton à la traîne
En pleine période électorale, le constat questionne. Attalens est-elle trop éloignée, au sud du canton, pour que l’on envisage le trajet? «C’est représentatif de l’investissement dans l’agriculture biologique, tranche la communicante. Fribourg n’affiche pas spécialement de volonté politique en la matière, et ça se ressent dans le nombre de fermes biologiques.»
Guillaume Savoy a tout de même présenté son activité et fait visiter ses ateliers de production aux membres de Bio Suisse et du FiBL présents. Véritable exemple de réussite, le domaine de Crévy emploie quatre équivalents temps plein sur l’année.
La clé de ce succès est d’abord la diversification: lait, viande, farine, céréales, fruits et légumes sont produits sur une surface d’une trentaine d’hectares, plus petite que la moyenne romande. Ainsi, en misant sur plusieurs chevaux, on parvient à terminer de manière confortable une année 2026 compliquée pour les rendements en fourrage et en fruits. Et puis, tout est transformé et vendu sur place, en évitant de passer par des intermédiaires.
Autre secret de cette réussite: les 300 arbres fruitiers plantés sur les pâturages et les champs. Leur ombre permet aux plantes et aux animaux de mieux passer l’été caniculaire et de conserver leur productivité. Ils permettent également de lutter contre l’érosion en maintenant le sol des terrains pentus. Finalement, ils améliorent la fertilité des sols. «Le domaine de Crévy allie parfaitement rentabilité et lutte contre le réchauffement climatique», conclut Claire Berbain.
Depuis 2015, les ventes de bio ont progressé en Suisse, passant de 2,3 à 4 milliards de francs. Le nombre de fermes bio a augmenté de 21%, pour atteindre plus de 7’200 exploitations certifiées en 2024, soit 18,2% de la surface agricole helvétique.
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