Jugé trop cher, le futur terrain de tir à l’arc est recalé

Les membres de la Compagnie des Archers de la Riviera s’entraînent actuellement à La Veyre-Derrey, sur un terrain voué à disparaître pour laisser place à une zone d’activités économiques.  | R. Brousoz

Saint-Légier
La Compagnie des Archers de la Riviera devra encore patienter avant de voir construire sa nouvelle infrastructure à Praz-Dagoud. Le Conseil communal demande à la Municipalité de revoir sa copie.

Des flèches tirées en plein dans le mille… Aussi emblématique qu’il paraisse, le sport cher à Guillaume Tell se heurte aux réalités économiques. La semaine dernière, le Conseil communal de Blonay-Saint-Légier a recalé un projet de nouveau terrain de tir à l’arc. Estimée à 1,5 million de francs, l’infrastructure prévue à côté des terrains de football de Praz-Dagoud a été jugée trop onéreuse par les élus.

Ce futur espace doit servir à la Compagnie des Archers de la Riviera, seule société permettant cette pratique dans la région. Les quelque 90 membres qui la constituent s’entraînent actuellement à La Veyre-Derrey. En raison de la construction prochaine d’une zone d’activités économiques à cet endroit, le club avait été approché par l’ancienne Commune de Saint-Légier il y a quelques années pour être relogé. Solution proposée: un terrain communal aux abords du stade de foot.

En plus de travaux de terrassement estimés à 325’000 francs, le projet prévoit la construction d’un bâtiment à 720’000 francs. Ce dernier abriterait des sanitaires, un atelier de réparation, une salle de réunion, ainsi qu’un espace de tir intérieur. De quoi répondre au statut de «Centre de performance régional et national», acquis par la société sportive en 2023. Et qui lui permet d’accueillir des archers venus d’autres régions, afin de préparer des compétitions nationales et internationales. Signe de la qualité du club: une de ses membres participe en ce moment aux Jeux olympiques de la Jeunesse à Dakar. 

Sur la facture d’1,5 million, environ 200’000 francs pourraient être pris en charge par la Communauté intercommunale d’équipements du Haut-Léman (CIEHL), 170’000 francs par le Canton et 100’000 francs par le club. Le reste serait du ressort communal.

Un «oui, mais» encourageant

«C’est un projet intéressant et valorisant pour notre commune, mais son coût me semble trop élevé, a souligné Tanguy Krebs, élu de l’Union Citoyenne. Nous estimons qu’une solution plus simple et moins coûteuse doit être étudiée par la Municipalité.» Un avis en grande partie partagé par le PLR. À l’opposé, les voix en faveur du projet sont venues de la gauche. «La taille du bâtiment correspond à des besoins réels», a plaidé la Verte Juliette Vaussard. En vain, puisqu’au moment du vote, le Conseil communal a largement penché en faveur d’un renvoi du projet sur la table de la Municipalité.

Comment cette décision est-elle accueillie par le club? «À mes yeux, on n’est pas sur du négatif», réagit Noelia Herrero, vice-présidente et coach principale. «Cette décision sonne comme un “oui, mais”, ce qui est déjà encourageant. À ce stade, je vois deux solutions: soit on fait baisser les coûts, ce qui me paraît difficile si on veut maintenir la qualité, soit on essaie d’aller chercher plus de subventions.»