
Gryon fait partie des petites Communes qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions en termes de transition énergétique. Raison pour laquelle la Municipalité a planché sur un modèle de création de société anonyme pour porter ses projets, sans risque pour la collectivité et sans creuser l’endettement communal.
Le concept, qui a fait ses preuves dans d’autres communes (dont Henniez, Rossinière et Treytorrents sur Vaud), est celui développé par la société Innergia, contactée par les autorités tatchies. L’Exécutif gryonnais y a vu la solution idéale pour réaliser une liste de projets concrets d’une valeur de 7,2 millions de francs allant de la rénovation énergétique des bâtiments communaux au photovoltaïque en passant par la production d’électricité par turbinage. Présentée au Conseil communal, cette vision a toutefois été refusée
le 30 septembre.
«Bien que la création des Services Industriels de Gryon puisse apporter plusieurs bénéfices à notre Commune, il nous paraît précipité et risqué pour la communauté de s’engager immédiatement dans cette voie sans analyse plus large et approfondie», a notamment conclu la commission des finances, qui a préavisé négativement le texte municipal à l’unanimité, avant d’être suivie par une majorité des conseillers.
Benoît Golay, président de la commission, invoque certaines zones d’ombre. «Sur le volet photovoltaïque à 2,1 millions, l’amortissement de la dette est envisagé à l’horizon 2094, c’est très loin pour des technologies qui évoluent vite. Certes, la dette serait pour la SA, mais la Commune cautionne. La Municipalité table sur un risque zéro, mais ce n’est pas une certitude. De plus, le principe d’équité intergénérationnelle (ndlr: ce que l’on laisse aux générations futures) ne serait pas respecté. Nous avons demandé une analyse par un expert-comptable, mais la Municipalité a refusé.»
«Pas de plan B»
Le municipal Eric Chabloz ne cache pas sa déception. «Nous voulions agir vite, et maintenant quoi? Nous sommes sans plan B. Le paradoxe, c’est qu’on trouvait plein de commentaires positifs dans le rapport. Après un an et demi de travail, je suis consterné.»
Selon Benoît Golay, la porte n’est toutefois pas fermée si les dernières questions trouvent réponse. Après avoir été retiré une première fois en début d’année, puis refusé il y a dix jours, le préavis sera-t-il soumis une troisième fois?
