À Vevey, le deal et les désaccords subsistent

Entre le oui et le non, les Veveysans ont choisi. Ils se sont proncés à plus de 60% contre le projet de vidéosurveillance, pour un taux de participation à un peu plus de 36%.  | F. Cella – Tamedia

Vidéosurveillance
Le projet d’installation de 44 caméras autour de la gare, ainsi que ses mesures complémentaires ont été refusés ce dimanche à plus de 60%. L’interprétation de la votation diverge entre la Municipalité et son syndic.

«Vevey, Ville d’Images», mais en tout cas pas celles produites par un dispositif de vidéosurveillance. À midi, à peine une heure après la fermeture du bureau de vote, le président du Conseil communal Philippe Herminjard affichait le résultat d’un vote assez clair: quelque 3’008 non, soit 60,6%, contre 1’888 oui (38%), ont refusé les mesures proposées par la Ville pour lutter contre le deal et l’insécurité dans le périmètre de la gare. La participation a été de 36,4%, un taux relativement comparable à d’autres scrutins communaux.

La campagne et la votation ont néanmoins été «très émotionnelles, au point qu’on peinait vraiment à en prédire l’issue», constatait ce dimanche Cédric Bussy. Partisan du projet, le président du PS de Vevey voyait d’un bon œil un «ensemble global de solutions» aux côtés, pour une fois, des partis de droite. Témoin de ce caractère particulièrement sensible: il y a eu également pas moins de 70 bulletins blancs, six nuls et trois enveloppes vides.

« Une sacrée claque »

À l’origine du postulat adopté par le corps délibérant en faveur d’un projet de mesures, Anna Iamartino-Sica (PLR) s’avouait «très déçue», et même «inquiète». «Quand je l’ai lancé, il y a trois ans, c’était bien parce qu’il y avait des craintes, des préoccupations de la population. Mais, vu la campagne, non je ne suis pas surprise. Toute l’attention a été tournée sur les caméras. Des peurs exagérées ont été véhiculées. Nous n’allons pas lâcher et continuer à nous battre, car le problème persiste et n’est pas réglé.»

«C’est une sacrée claque, enchaînait Cédric Bussy. C’est la démocratie. Mais on a eu le mérite de mettre la question en votation. C’était un ensemble de mesures ambitieuses, coûteuses aussi. Peut-être que l’importance de l’investissement et le nombre de caméras ont fait peur. Il va cependant falloir trouver une autre solution globale.» «On avait besoin que la population se prononce», ajoutait encore sa collègue de parti, Johanne-Saskia Gay.

La Municipalité, elle, a réagi par voie de communiqué. «La population rejette le paquet de mesures sécuritaires et sociales», titre le document. Selon l’Exécutif, «en conséquence, plusieurs mesures découlant des compétences communales ne pourront être réalisées», en évoquant la modernisation de l’éclairage public, le renforcement du travail social de proximité et la création d’un observatoire.

Le syndic aux côtés du non

Tous les municipaux n’ont toutefois pas la même interprétation de la votation. Après avoir déjà rompu la collégialité durant cette campagne, le syndic, Yvan Luccarini, est venu réagir, seul, en se distanciant du communiqué municipal, pour lequel il dit «ne pas avoir été invité». L’élu de décroissance alternatives s’est ainsi présenté aux côtés du comité du non. Et ce, même s’il «n’en est pas membre», comme il le précisait.

Pour lui, le rejet des caméras ne signifie pas que les huit autres mesures ne puissent être mises en place. Le renforcement du travail social peut déjà intervenir à travers le budget 2026. Quant à l’éclairage public, le mandat pourrait être lancé «à la lumière de l’aménagement de la zone Nord, dans un périmètre plus large encore que celui de la gare», estimait Yvan Luccarini.

Du côté du comité du non, Pierre Chiffelle se réjouissait également de ce résultat. «C’est une victoire du bon sens et de citoyenneté. Avec ce taux de participation de 36%, c’est autant d’habitants qui ont pris position sur un sujet de société. Ils ont ainsi dit non à un dispositif de caméras de vidéosurveillance qui aurait été le plus grand de Suisse et qui ne constituait pas le remède.»

À l’opposé, la Municipalité réaffirmait pendant ce temps «sa volonté de travailler en étroite collaboration avec le Canton de Vaud et la Police cantonale, compétente en matière de lutte contre le trafic de drogue». On le voit, le sujet n’est donc pas clos et risque encore de provoquer quelques remous ou désaccords politiques tant à l’Exécutif qu’au Conseil communal.

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