
Réceptionniste dans un service public, Rebecca* a comparu mercredi devant le tribunal de l’Est vaudois à Vevey. Condamnée par le procureur Karim Ben Amor pour vol et faux dans les titres dans l’exercice de fonctions publiques, elle avait fait opposition. Dans l’attente d’un jugement définitif, la future quinquagénaire est toujours en poste.
« Je n’ai pas commis ce vol »
Le 29 avril 2024, un Aiglon oublie son portefeuille dans un centre de lavage auto à Rennaz. Quelques minutes plus tard, un autre client le trouve et l’apporte dans un office public à Montreux. Le lésé, contacté, se présente pour récupérer son bien. Il constate que 1’600 francs ont disparu et décide de déposer plainte.
Mercredi dernier, Rebecca a déclaré comme précédemment devant le procureur avoir avoué les faits pour clore cette affaire, sans jamais admettre le préjudice. «Je n’ai pas commis ce vol.» Elle reconnaît «avoir, peut-être, été négligente pour ne pas avoir immédiatement rédigé un avis de découverte», devant témoin. Elle assure qu’il y avait du monde à son guichet et qu’elle a privilégié ces personnes.
Sa collègue réceptionniste est venue «témoigner de l’honnêteté» de Rebecca, «personne de confiance, consciencieuse et à l’écoute des autres». L’accusée dit avoir souffert d’être jugée coupable d’emblée par le procureur. «C’est comme si on m’avait poussée à faire des aveux», estimait-elle lors du procès. La peur de perdre son emploi et la conséquence de voir son image écornée sont omniprésentes.
Retrait de plainte impossible
Le procureur n’était pas présent à cette audience. Le lésé, oui. Il a juste demandé à «récupérer les 1’600 francs». Rebecca était, elle, accompagnée d’un conseil. Seule en scène, son avocate a combattu l’accusation et la condamnation. Très offensive, elle a tenté de justifier durant 30 minutes que sa cliente était une victime expiatoire, évoquant une «erreur judiciaire possible». Elle a parlé d’un acharnement et de la volonté d’en finir au plus vite avec une coupable idéale. L’instruction aurait été uniquement menée à charge, alors que l’on ignore tout des faits précis et qui les a commis avec certitude. L’avocate estime que c’est peut-être quelqu’un qui s’est servi en partie dans le portefeuille entre les minutes de sa découverte et son dépôt. Elle a requis l’acquittement.
Le plaignant a alors révélé à la cour que Rebecca avait plusieurs mois après les faits proposé une rencontre. Ils se sont vus à Aigle et l’accusée a proposé de le rembourser, pour que ça n’aille pas plus loin; soit qu’elle ne risque pas de perdre son travail. Le retrait de plainte a été demandé. «J’ai accepté, mais la police m’a dit que je ne pouvais pas le faire. Finalement, Madame a décidé de faire autrement en prenant un avocat.»
*identité connue de la rédaction
