Aigle se jette dans le grand bain

Ouvert en 1965, le bassin de la piscine en plein air des Glariers est actuellement fissuré. | Archives – 24 heures

Infrastructures
Le Conseil communal a accepté de rénover sa piscine des Glariers et de participer financièrement à un projet privé de bassin couvert. Ce dernier sera mis en partie à disposition de la collectivité.

Dans le but d’améliorer les infrastructures dédiées à la baignade publique et sportive, la Municipalité d’Aigle proposait d’investir à la fois dans la rénovation du bassin extérieur des Glariers et dans un partenariat public-privé pour l’utilisation d’une future piscine couverte à la route de Lausanne, sur la commune d’Yvorne.
Ces deux dossiers étaient traités séparément jeudi dernier au Conseil communal. Ce fut long, difficile, argumenté, un poil tendu, indécis, car le sujet est d’importance et coûteux. Il est aussi essentiel pour les écoliers.
Le plénum a d’abord accordé un crédit d’étude de 1 million de francs pour la piscine en plein air des Glariers. Des fissures au niveau des bassins et le vieillissement du béton pointent la nécessité de rénover l’ensemble, entrée et vestiaires compris. Construite de 1963 à 1964 et ouverte en mai 1965, la piscine municipale a déjà bénéficié de plusieurs travaux d’assainissement depuis 2001. Viendra ensuite le crédit de construction, probablement en 2026, évalué à environ 10 millions de francs.

Vers un référendum?
Une poignée de minutes après cette validation, les élus ne se sont pas plongés avec grand entrain dans le second dossier. Plutôt même avec une forte réticence. Il aura fallu la force de persuasion de quelques conseillers communaux et de l’Exécutif pour faire passer l’intérêt public – particulièrement ceux des enfants des écoles en mal d’heures de gym – dans un projet privé.
Point important, la directrice de l’Établissement primaire et secondaire d’Aigle a écrit au Législatif pour soutenir «cette opportunité remarquable». Outre la mise à disposition pour le sport scolaire, des rabais seront accordés aux résidents aiglons. Ce bassin couvert pourrait ouvrir en 2027.
Certains contradicteurs ont ensuite pointé des lacunes présumées dans le dossier du promoteur, des incertitudes quant à la construction, une convention qui n’a pas convaincu tout le monde, et encore les coûts jugés trop élevés – à savoir une subvention d’exploitation de 756’000 francs annuels pendant deux décennies. La Municipalité, par la voix de son syndic, s’est fermement engagée pour garantir la validité et le suivi de ce bassin couvert, faisant figurer dans le projet une réalisation similaire à Veyrier (GE) et menée par le même exploitant.
Le vote a finalement été serré, avec 29 avis favorables, 23 contre et 4 abstentions. Patrice Badan a lancé immédiatement un référendum spontané, qui a échoué. Quant à une éventuelle récolte de signatures pour un référendum, l’élu UDC annonce y réfléchir.

Coup de froid sur le chaud

Le syndic Grégory Devaud a annoncé lors de la même séance que «deux citoyens aiglons» avaient été «déboutés au Tribunal fédéral». Marcel-Jacques Bacca et Philippe Bellwald, également conseillers communaux (Entente aiglonne), avaient demandé à la justice des mesures provisionnelles pour faire ordonner l’arrêt immédiat des travaux d’installation du chauffage à distance par la Satom en ville d’Aigle. Déboutés au niveau cantonal, ils l’ont donc aussi été à l’échelon supérieur. Dans l’arrêt,on peut lire que «les recourants se contentent d’invoquer l’intérêt public de la collectivité et (leur) intérêt privé à un contrôle préalable du projet concerné. Ils ne démontrent cependant pas que la poursuite des travaux, pose de conduites souterraines, risquerait de menacer concrètement des biens juridiques dont ils sont titulaires et de leur occasionner un préjudice difficilement réparable». Le dossier est renvoyé à la justice cantonale qui doit encore examiner le fond du recours sur la validité du projet.