Alain Darbellay connait la recette pour la montée

Le HC Villars a misé sur un entraîneur confirmé avec l’arrivée de l’ancien hockeyeur valaisan. | P. Ruckstuhl

Hockey sur glace
Avec le Martignerain désormais à sa tête, le HC Villars espère aller chercher le titre et la promotion après trois saisons de 2e ligue.
Après réflexion, le comité du HC Villars a décidé de ne pas poursuivre l’aventure avec Beat Kindler comme entraîneur. Le bilan sportif avec la légende du Lausanne HC à la bande: deux fois champion de la saison régulière (38 victoires et 4 défaites), mais aussi deux éliminations en play-off, par Château-d’Œx en demi-finale de groupe en 2023 et par Rarogne en finale de groupe en 2024. Par deux fois, les Villardous pensaient tenir leur os, mais ont connu des passages à vide qui ont permis à leurs adversaires de renverser le score et de les priver de titre. «Nous sommes très contents d’avoir eu Beat pendant deux saisons. Il est extraordinaire humainement, mais vu ce qui nous est arrivé en play-off, nous avons pensé que nous avions besoin d’un changement derrière le banc», résume le président-joueur Michael Bochatay. Alors que Beat Kindler sera désormais à la tête de Monthey-Chablais, également en 2e ligue, Villars a fait appel à un entraîneur confirmé, le Martignerain Alain Darbellay (53 ans), pour lui succéder.

Promu avec Verbier et Sierre
Joueur, Alain Darbellay a connu les belles années du HC Martigny dans les années nonante avec des étrangers de renom tels Igor Fedulov ou Petr Rosol. «Comme joueur, j’ai fait plus ou moins tous les clubs du Valais francophone: Martigny, Champéry, Octodure, Sierre, Sion et Monthey. Passionné de hockey, c’est naturellement que je me suis tourné ensuite vers une <carrière> d’entraîneur. D’abord à Verbier, où nous sommes montés en 1re ligue (2006).» Douze saisons plus tard, Alain Darbellay (conseiller en assurances depuis 17 ans après avoir travaillé comme peintre automobile dans une carrosserie) connaît une nouvelle promotion à la tête du très populaire HC Sierre. C’est l’accession à la MySports League (3e division). «Jouer à Sierre, puis entraîner à Sierre, c’est quelque chose, tant c’est un club populaire. Vous faites des play-off de 1re ligue devant 3’000 spectateurs! Ce sont des souvenirs extraordinaires.» La promotion acquise lors de ce cinquième et dernier match de finale de play-off contre Franches-Montagnes, il quitte toutefois le club. «Je suis un entraîneur amateur, avec un travail à plein temps à côté. En MySports League, j’estime que vous devez avoir un entraîneur professionnel. Je ne suis donc pas resté à Sierre et j’ai fait une pause lors de la saison 2018/19.»

Devenu fan du Lausanne HC
Des «breaks», Alain Darbellay en fait régulièrement. Sur les quatre dernières saisons, il a alterné entre le job d’entraîneur de Monthey (2020/21 et 2022/23) et deux saisons sabbatiques (2021/22 et 2023/24). «Je ne suis pas forcément demandeur. Et quand je n’entraîne pas, je ne suis jamais très loin du hockey. Je joue encore très souvent avec les copains dans les ligues corporatives, ce qui prend parfois encore plus de soirées qu’être entraîneur. Et avec mon épouse Anne-Laure nous avons aussi beaucoup de plaisir à suivre les matches de Lausanne. Au point de nous demander si nous n’allons pas prendre un abonnement pour la saison prochaine. Entraîneur de Villars, supporter de Lausanne, attention, je vais presque devenir vaudois!» Entre rigidité et liberté Le nouvel homme fort du HC Villars a beaucoup apprécié ce qu’il a vu du Lausanne HC cette saison. «J’ai adoré ce que j’ai vu: une équipe avec l’implication de chacun, tout le monde qui participe à l’offensive, de l’intensité, du forechecking (pression sur l’équipe adverse en zone offensive afin de récupérer le puck). C’est clair que cela m’inspire dans ce que je pourrais instaurer à Villars. En regardant du hockey, tu apprends toujours quelque chose. Je ne comprends pas les joueurs ou entraîneurs qui disent ne pas regarder le hockey. Je regarde surtout le Championnat suisse et le Championnat du monde. C’est spécial de suivre Nico Hischier, après l’avoir eu dans les sélections valaisannes!» Et c’est quoi le style Alain Darbellay quand il est aux commandes d’une équipe? «Un mix de liberté et de rigidité. Tu dois avoir et l’un et l’autre, mais pas un entre-deux. J’entends par rigidité, l’application du système choisi par le coach. Non pas par les joueurs qui viennent me dire que je devrais faire ceci ou cela.»

Le président jouera-t-il encore?

Quelques pages se tournent du côté du HC Villars. Sur la glace, il n’y aura plus les vétérans Mathieu Kohli et Thierry Marro. À respectivement 40 et 38 ans, ils ont dit stop. Le président Michael Bochatay, 38 ans le 18 juillet prochain, hésite. «Je ne sais pas si je vais continuer à jouer. J’ai une vie bien remplie avec l’entreprise familiale et deux filles de 7 et 10 ans. Par contre, il est certain que j’arrête la présidence. Je vais rester au comité et les deux coprésidents seront Jérémy Paris et Jérémy Zimmermann. Cela doit être entériné à l’Assemblée générale de fin juin.»

GALERIE