
Louis Monney félicite son fils Alexis après ses brillants résultats en Coupe du monde. | DR
Deuxième résultat de choix pour Alexis Monney. À 25 ans, il est LA révélation de la descente cette saison en Coupe du monde. Samedi, le jeune skieur de Châtel-Saint-Denis a pris une superbe deuxième place sur la Streif (Kitzbühel, Autriche), la plus vertigineuse des pistes, après avoir signé sa victoire à Bormio en fin d’année dernière. Louis, son père et premier entraîneur, n’oubliera jamais ce premier succès en Italie qu’il avait vécu sur place avec sa femme et quelques membres du fan club. «La veille sa sœur aînée avait accouché de son premier enfant, un petit Lévi. Un week-end inoubliable pour nous!»
De quoi avoir des ambitions lors des prochains Mondiaux dès le 4 février? Alexis Monney figurera forcément parmi les favoris de descente à Saalbach (Autriche). Son papa reste toutefois prudent. «Le principal est qu’il skie à son meilleur niveau. Tous ceux qui ont fini dans le top 10 cette saison visent une médaille. Si discrets jusque-là, les Autrichiens sont capables de se réveiller le jour J. Il y a souvent des surprises lors des Mondiaux.»
Selon Louis Monney, son fils profite en ce moment de l’euphorie qui règne dans l’équipe suisse de descente. «Entre Odermatt, von Allmen, Murisier et Alexis, il y a une saine émulation.» Toute la région est également fière de son champion. «On m’en parle un peu partout, les gens sont contents, se réjouit le papa. Mais Alexis est un garçon très tranquille qui n’ira jamais se balader, juste pour être reconnu dans la rue.»
Tel un félin
Loin de la Steif, le Fribourgeois a fait ses premières armes sur la petite piste du lac des Joncs aux Paccots. Il avait 2 ans. Son père l’a entraîné jusqu’en Coupe du monde où il a travaillé avec un certain Didier Cuche. C’est dire qu’il est le mieux placé pour décrypter le style si fluide, en apparence sans effort, de son fils. «À l’opposé des kamikazes, Alexis skie comme un chat. On n’a jamais l’impression qu’il est à 100%. À Bormio, les autres se faisaient chahuter par les bosses, mais pas lui. Il maîtrise parfaitement la vitesse et sa très bonne condition physique lui permet de faire souvent la différence à partir du temps intermédiaire.» Comme un rituel, Louis lui envoie un petit message avant chaque départ, leur petit secret.
Avant de s’imposer au plus haut niveau Alexis Monney a bravé les difficultés inhérentes à toute carrière. «Le plus difficile pour les jeunes est le moment de passer des courses OJ, réservées aux ados, aux courses FIS, face à des coureurs d’expérience. Avec des dossards élevés, ils se ramassent plusieurs secondes de retard et doivent apprendre à perdre. Alexis a su faire preuve de persévérance malgré les doutes.» Un chemin vers le succès réussi.
