«Avant de rentrer sous la tente, on est déjà ailleurs»

Artiste aux nombreuses casquettes, le Veveysan Pierric Tenthorey amusera le public du cirque Knie entre certains numéros.  | A. S et B. de Rous – alavolette.ch Le magicien, humoriste, comédien, auteur, réalisateur, metteur en scène et peintre veveysan change une nouvelle fois de casquette. Plus précisément, il enfile un haut-de-forme et se vêt d’une queue-de-pie avant d’entrer en piste. Chargé d’amuser le public entre deux numéros, Pierric Tenthorey se mue en clown sous le chapiteau de Knie depuis le mois d’août. Il l’attendait depuis des années, il y est, il jubile. Tout en pensant à la Revue genevoise qu’il dirige simultanément, à son prochain spectacle avec Claude-Inga Barbey et au premier long-métrage qu’il va tourner. Interview d’un artiste en perpétuel mouvement. Comment ça va depuis votre première à Genève au cirque Knie le 30 août?– Ça va mieux! Le trac est passé. Je suis rentré dans une certaine routine, même si le spectacle change tous les jours. Je réalise des réglages quotidiens, j’ajuste, je déplace. C’est ça le spectacle burlesque, l’humour visuel. S’il n’y a pas tellement d’improvisation, je garde une petite marge de danger. Même si le spectacle est rodé, il faut que les spectateurs sentent que s’ils reviennent le lendemain, ils assisteront à autre chose encore. Je fais participer le public. Je prends par exemple un enfant sur scène et la suite va dépendre de son âge, de sa timidité, de son envie d’être là. Ces petites bulles de modulation changent complètement le moment. Quelles facettes montrez-vous de votre panoplie d’artiste?– Au départ, je voulais essayer de présenter tout ce que je savais faire. Finalement, il n’y a pas de claquettes ni de cinéma pour des raisons techniques. Mais il y a de la musique, de la jonglerie, un petit peu de danse burlesque. Je fais même quelques entrechats, mais c’est très court. Avoir une technique de magicien me permet d’exécuter des gags qui seraient difficiles à mettre en œuvre sans ce <background>. Je n’ai pas fait d’école de cirque. J’ai un parcours universitaire et je viens du théâtre. J’ai donc dû apprendre à tomber et à jongler. Maintenant, j’ai cette sensation agréable de faire le clown là où il est né. Jouer à Vevey, qu’est-ce que cela représente pour vous? – On se dit, c’est bon, tu es chez toi. Mais en fait, c’est pire! C’est toujours plus agréable de jouer devant une foule anonyme que de jouer devant des gens qu’on connaît, même si, heureusement, la plupart sont déjà venus voir le spectacle à Lausanne ou Genève. C’est très bizarre d’être sur la place du Marché, là où j’allais chaque année gamin. Je réalise que cela va être plus stressant de quitter la maison et de marcher dix minutes que de sortir de ma roulotte. Quels souvenirs avez‑vous du Knie de votre enfance? – Mes souvenirs sont flous. Je retiens surtout l’atmosphère. Les lumières quand on arrivait le soir, les odeurs, le pop-corn, la piste, la tente, savoir qu’on allait assister à des trucs incroyables. C’était le plaisir de voir les animaux, sans me poser à l’époque les questions que l’on a maintenant, mais aussi les clowns. Avant de rentrer sous la tente, on est déjà ailleurs. Une fois qu’on y est, on entre dans une espèce d’effervescence. Quand on joue, il n’y a plus qu’à la choper, cette effervescence, pour s’en servir. C’est comme faire de l’aïkido, cet art martial où on utilise la force de l’autre. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être en résistance, vouloir s’imposer. Au contraire, il faut utiliser cet énorme chapiteau qui va vous porter. C’est très agréable quand on a bien compris comment utiliser cet instrument. C’est galvanisant. Qu’avez-vous découvert sur la piste?– Contrairement à ce que je pensais – je dois tout le temps être très fort, enchaîner les effets les uns après les autres – j’ai compris qu’il fallait ralentir, faire des pauses, laisser des silences pour que le public puisse entrer dans l’esprit du personnage. Et surtout, j’ai été très étonné par l’attention des spectateurs. On a l’impression qu’il y a toujours un peu de bruit, la ventilation, les enfants qui discutent, etc. Mais dès la première représentation, j’ai constaté que dès qu’on parle fort, tout le monde est focus et écoute vraiment. Chaque idée doit en amener une autre de façon très simple. On ne peut pas s’éparpiller comme au théâtre, où on est en frontal. Il faut trouver des tours qui se fassent de manière soit circulaires, soit répétables trois fois à différents endroits, soit compréhensibles même si on ne les voit pas. Quels ont été vos principaux défis?– Toucher tous les publics. Les spectateurs ne viennent pas pour me voir, mais pour assister à une représentation du cirque. Aussi savoir comment rentrer dans un spectacle avec un public populaire, au sens large et positif du terme. Atteindre toutes les générations, des personnalités, des notaires, Monsieur et Madame tout le monde, des gens qui ne sont jamais allés au cirque, d’autres qui le connaissent par cœur. Est-ce qu’un gamin comprend ce que je fais? Les enfants représentent le public le plus précis et le plus difficile qui soit, parce qu’il est hyper attentif, s’il ne comprend pas, il ne réagit pas. En revanche, quand on l’entend rire, c’est super! Dès la troisième représentation, j’arrivais à percevoir les gamins qui se marraient. Et c’était bon. Plus d’infos:knie.ch et pierric.ch GALERIE  | A. S et B. de Rous – alavolette.ch  | A. S et B. de Rous – alavolette.ch  | A. S et B. de Rous – alavolette.ch  | A. S et B. de Rous – alavolette.ch PUBLICITÉ Suggestions d’articles Plus d’articles

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Jean Hirtzel ou l’invitation au voyage

Extrait de la série «Fissures fleuries» | Maude Sauvage Pour la première fois de sa jeune histoire, l’Espace Graffenried propose l’exposition d’une partie de l’œuvre magistrale d’un peintre non-figuratif. C’est celle de Jean Hirtzel, neuchâtelois de naissance, formé à Florence et Paris, ami à Londres du génie Francis Bacon, grand voyageur et qui vivait à Blonay. «Entre les lignes» permet de découvrir à l’étage du musée aiglon une trentaine d’œuvres significatives du corpus impressionnant de l’artiste né en 1936, décédé en 1999. «Jean a laissé 800 tableaux, 200 sculptures, 5’000 œuvres sur papier. Ici, nous avons décidé de montrer le résultat de ses recherches et de son travail menés entre 1978 et 1992», annonce Madeleine, veuve de l’artiste.L’exposition est un voyage entre les lignes: droites, obliques, brisées, de skating sur des pistes de ski de fond des Pléiades, épousant la poétique géométrie des croix orthodoxes, plus inquiétante… d’une guillotine. Les textures et techniques sont diverses et variées, entre sable ramené du Brésil, huiles, calques, poussières de roches de pics valaisans, autres pigments, etc. Du caché au révéléL’artiste Hirtzel, entre expressionisme et art abstrait, nous fait voyager; lui qui a sillonné le monde au contact de peuplades autochtones, notamment les Tsiganes. Il joue constamment avec les lignes dans une dualité – exprimée devant différents tableaux – du «caché/révélé», un rideau qui se lève sur ses émotions et les nôtres.Certaines œuvres font penser à Piet Mondrian ou Mark Rothko, ses pictogrammes nous renvoient à l’art rupestre de la Préhistoire. «Jean était curieux de tout et passionné par la découverte de nouveaux courants artistiques, aussi de chamanisme et de tout ce qui nous parvient à travers les âges. Et sans doute encore plus de la rencontre de l’autre et de sa culture», conclut Madeleine Hirtzel. espacegraffenried.ch«Entre les lignes», de Jean Hirtzel, à voir jusqu’au 2 mars, Espace Graffenried, place du Marché 2, Aigle. Entrée libre. Aux confins du Jaune Sauvage Outre les artistes connus, Aigle offre un espace d’expression au rez supérieur de Graffenried à d’autres qui le sont moins. On peut voir actuellement «Fissures fleuries» de Maude Sauvage. Soit une vingtaine d’estampes de formats différents, toute de jaune colorée. «C’est une couleur apaisante qui rappelle le soleil, la lumière et fait appel au spirituel», exprime l’artiste qui touche aussi au cinéma d’animation, à la fonderie en bronze et à l’enseignement de la peinture aux enfants. La Lausannoise «adore le bois, ses nœuds, ses fibres, ses veines», qu’elle récolte dans les Franches-Montagnes ou celles des Diablerets. C’est un support sur lequel elle applique gouache et feuille vierge, puis elle presse la matière avec des outils ancestraux japonais. Encore et toujours du jaune. À tel point qu’après le Bleu Klein et le Noir Soulages, il y a désormais, après Van Gogh, le Jaune Sauvage. GALERIE  | Maude Sauvage  | Maude Sauvage  | Projet Jean Hirtzel Grand Signe – 1990  | Projet Jean Hirtzel PUBLICITÉ Suggestions d’articles Plus d’articles

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