Autorités et écologistes unis pour ressusciter Isenau

Le domaine d’Isenau, fermé depuis 2017, était très apprécié des familles. Les nostalgiques espèrent disposer d’un atout majeur grâce à la convention signée avec WWF et Pro Natura. | O. Meylan – archives 24heures

Les Diablerets
Une convention «inédite» a été signée entre Ormont-Dessus, Isenau 360, WWF Vaud et Pro Natura Vaud pour faire revivre le domaine skiable dans le respect de la nature. Des recours sont toutefois encore possibles.

D’abord opposants de principe et désormais alliés numéro un du projet de résurrection du domaine touristique d’Isenau, sur les hauts des Diablerets, fermé depuis 2017, WWF Vaud et Pro Natura Vaud ont annoncé lundi avoir signé une convention avec la Commune d’Ormont-Dessus et la Société coopérative Diablerets-Isenau 360 afin de «de collaborer de façon constructive à la réalisation de ces ambitions de développement respectueux de l’environnement».
«C’est un moment inédit, a commenté le syndic local Christian Reber. D’habitude, on est plutôt dans la confrontation. Là, tout s’est fait sans aucune douleur ni contrainte.» Alberto Mocchi, député Vert et secrétaire général de Pro Natura Vaud a même qualifié l’accord de «cas modèle». Pour son homologue de WWF Vaud, Lorenzo Poglia, «le bon sens a prévalu et tout a été orienté solutions dès le début».

Recours possibles
Cette union sacrée reste néanmoins conditionnée à d’éventuels recours au Plan d’affectation Isenau (PA), qui définit les règles d’implantation d’une nouvelle télécabine, de reconstruction des bâtiments existants (dont le restaurant) et du développement d’une activité quatre saisons entre prairies sèches et zones de bas-marais.
Jeudi dernier, le Conseil communal d’Ormont-Dessus a validé cette planification et levé les deux dernières oppositions à la mise à l’enquête de février dernier. Elles émanaient de l’ONG Mountain Wilderness et d’un particulier. Ce dernier, propriétaire d’une résidence secondaire dans le secteur concerné, connaît bien le dossier: il avait fait invalider une première variante du PA par le Tribunal fédéral en 2020 en invoquant des périmètres de bas-marais non conformes.
Recourront-ils à la Cour de droit administratif et public? Tous deux répondent de concert: «Pour l’heure, aucune décision des autorités ne m’a été notifiée (ndlr: il la recevra ces prochains jours), la question du recours ne se pose ainsi pas directement aujourd’hui.» Le particulier ajoute toutefois: «Le PA actuel n’assure pas l’impérative protection des biotopes d’importance nationale et ne se soucie pas des droits d’accès, deux éléments qui ont conduit à l’invalidation de la précédente mouture par le TF en 2020.»

Il manque 2 millions
Outre ce volet judiciaire, il en est un autre en parallèle, d’ordre financier. «L’entier du projet est estimé à 24,5 millions de francs, explique Eric Xiao, de la coopérative Isenau 360. Nous avons fait une demande au Canton, qui pourrait aider à hauteur de 70%. Il nous incombe de trouver les 30% de fonds propres restants, soit environ 8 millions. Après déduction de l’aide de la Commune – 1,5 million – et des promesses de dons des coopérateurs, il manque encore deux millions.»

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