Bex se raconte par ses habitants

Alberto Cherubini devant la stèle de Jean de Charpentier, figure bellerine à laquelle l’auteur consacre une interview imaginaire en toute fin d’ouvrage.  | P. Genet

Littérature
Alberto Cherubini, ancien journaliste et par ailleurs syndic de la Cité du Sel, publie un livre regroupant 42 portraits de Bellerins. Un ouvrage d’échanges et d’émotions.

«Je me vois bien vieillir à l’ombre du Grand Muveran.» La phrase vient conclure l’interview de Vincent Veillon, homme de radio et de télé, comédien et, dit-il, «faux Lausannois». Faux Lausannois parce que Bellerin par-dessus tout, plus exactement de ce «berceau» des Plans qui le «tétanise de bonheur» lorsqu’il y revient. Cette vision pour ses vieux jours, on la retrouve très souvent en creux, en clair ou en sous-entendu et en des variations multiples, au gré des 42 entretiens de Bellerines et de Bellerins que conduit Alberto Cherubini dans un ouvrage sobrement intitulé «Habiter Bex».

Superbement illustrés par les portraits du photographe bellerin Gabriel Monnet, ces parcours de vie dressent en filigrane le portrait de la vraie vedette du livre: Bex elle-même. Mais son auteur le souligne: ce n’est pas le syndic qui signe ce travail de mémoire paru aux éditions Cabédita, mais Alberto Cherubini l’ancien journaliste, qui travailla durant 30 ans dans la presse syndicale. «Il y a dix ans, on m’avait approché pour écrire une monographie sur Avenches, rembobine-t-il. Je me suis dit que je pouvais donc bien le faire pour Bex. Mais à titre personnel.» On est à l’automne 2023, les premiers entretiens s’égrènent. «Je me suis dit que c’était quand même étonnant à quel point le village de notre enfance jouait le rôle d’aimant.»

Montrer la diversité

Mais «Habiter Bex» n’est pas un livre consacré aux anciennes et aux anciens qui en raconteraient leurs souvenirs. Ou, en tous les cas, il n’est pas que cela. Certes, c’est l’ancien archiviste communal Freddy Gerber, véritable mémoire de la cité, qui en orne la couverture. Mais Alberto Cherubini a «cherché à avoir le panel le plus représentatif possible. J’ai voulu montrer la richesse, la diversité, tant au niveau des âges que des nationalités, dans une commune qui compte 34% de population étrangère, raconte-t-il. Et puis il y a des figures de Bex, des gens qui sont très présents dans la vie locale, d’autres qui ont des profils particuliers».

Et, forcément, beaucoup qui n’y sont pas. «Le choix a été difficile et je tiens à m’excuser auprès de celles et ceux qui n’y figurent pas. Il y a tellement de gens qui s’investissent dans la commune, ses sociétés, qui donnent de leur temps. C’est un instantané.» Un livre de confiance, de dévoilements et d’attachement à un lieu de vie.

Plus d’infos: «Habiter Bex» est en vente à l’Office du tourisme de Bex, au kiosque à l’entrée de la Migros et dans les librairies du Chablais.