Brigitte Maillard, à vie sur la piste

Dans son numéro de cette année, la trapéziste vaudoise Brigitte Maillard évolue dans une sphère métallique.  | T. Bissat

Villeneuve et Aigle
La tournée d’anniversaire des 50 ans du cirque Helvetia s’arrêtera dans le Chablais ces prochaines semaines. La doyenne de la famille et de la troupe n’aurait pour rien au monde voulu une autre vie.

Brigitte Maillard aborde avec optimisme à 66 ans le futur du cirque Helvetia. Bien que son époux, Daniel Maillard, le fondateur de la troupe, ait disparu l’an passé, et que leur fils Julien et sa femme Anaïs gèrent actuellement le chapiteau, elle n’imagine pas quitter la piste pour prendre sa retraite. 

«J’aime bouger, changer de place et de voisins tous les jours. Et par-dessus tout, créer de nouvelles choses. En revanche, le jour où je n’aurai plus d’imagination, j’arrêterai complètement.» Elle qui a réalisé des numéros de trapèze sous un hélicoptère et sous une montgolfière, avancé dans une boule en plexiglas inédite en Suisse à l’époque, créé sa propre toile d’araignée pour se contorsionner devant un public médusé, admet se faire peur au quotidien. «Quand je conduis ma caravane aussi. Cela fait partie de la vie…»

Plaisir en famille

Filiforme comme à ses débuts, «pourtant, je suis très gourmande!», elle se produit cette année dans une sphère métallique, «qu’il a fallu apprivoiser», en hauteur, avec toujours une certaine appréhension, mais surtout un plaisir intact. «Si cela devait devenir une contrainte, je ne le ferais plus, souligne-t-elle. Je m’entraîne même quand il n’y pas de spectacle. Être entourée de jeunes, c’est ce qui est motivant. On dépense beaucoup d’énergie, notamment pour monter le chapiteau, toujours tous ensemble pour favoriser un bon contact entre les membres de l’équipe.» 

Le cirque se vit ici en famille, depuis ses débuts. Celle d’une tournée, avec les nouveaux acrobates, clowns et autres artistes, liée à celle des Maillard, qui réunit aujourd’hui trois générations. Son fils Julien jongle, son petit-fils Simon (11 ans) réalise des tours de magie, dont certains que son grand-père faisait, et Tristan (9 ans), pour l’instant en pause scolaire, compte bien présenter un numéro durant l’été. «Il s’est découvert une sacrée passion pour le jonglage et s’entraîne à fond», se réjouit la grand-mère comblée.

Savoir s’adapter

Si le cirque a évolué en modernité – avec des chapiteaux plus grands, un meilleur confort pour les spectateurs, des jeux de lumières sophistiqués et des circassiens toujours plus performants – Brigitte Maillard regrette que le contact humain se soit un peu perdu. «Avant, on pouvait aller dans une administration communale et demander de vive voix une place quand quelque chose se libérait. Maintenant, cela n’est plus imaginable. Il faut remplir des tonnes de formulaires. Tout se fait sur Internet.» Cela a toutefois aussi du bon, puisque c’est sur le Web que la troupe déniche de nouveaux artistes, précise-t-elle, sans devoir se déplacer.

Sur les routes de Suisse romande depuis 1981 – année où elle a rejoint le cirque Helvetia, juste avant de tomber amoureuse de son directeur et de se marier – la Vaudoise a vécu toutes sortes d’aventures. Y compris dans la région. 

En 2012, lors de son cirque d’hiver à Gryon, l’équipe a dû monter un chapiteau au milieu de murs de neige. «On a dû déblayer, puis creuser des tranchées pour passer des caravanes aux coulisses. Disons que c’était une expérience nouvelle, donc intéressante. Mais c’était très dur au niveau du froid quand on sortait de la caravane. Heureusement qu’il y avait le chauffage sous le chapiteau.» Ce printemps, gageons que ce ne sera pas le cas!

Plus d’infos: 

cirque-helvetia.ch

À Villeneuve, du 9 au 11 mai, et à Aigle du 28 mai
au 1er juin.

Du cirque aussi à l’école

Le week-end dernier, l’école primaire de Champéry s’est mise en scène sous un vrai chapiteau, loué au cirque Helvetia, sur la place des Dents-du-Midi. Une centaine d’élèves, de la 1re à la 8e année, ont pu profiter des conseils avisés de l’École de cirque du Chablais ArtScéniK pour mettre au point un spectacle haut en couleur. «L’équipe est venue quatre fois, entre novembre et avril, afin que les enfants puissent tester différentes disciplines et choisir un groupe, indique Stéphanie Brändle, enseignante des 6e et 7e années. Le reste du temps, nous les avons entraînés nous-mêmes sur notre temps d’école. Le but était de mélanger les élèves de toutes les classes pour montrer une cohésion de l’établissement. La troupe de danse, par exemple, était composée de plusieurs degrés.» Le thème choisi du voyage a permis de faire de chaque numéro une invitation à la découverte d’un pays. Des clowns rêvaient, sous forme d’intermède entre les changements de scène, et avançaient ainsi d’une contrée à l’autre. De la Suisse aux États-Unis, en passant par l’Amérique du Sud, la Chine ou encore le Japon, les élèves y ont mis tout leur cœur. Les plus petits sur des trottinettes à tête de lama, les plus grands sur des trampolines, attachés à des foulards aériens ou suspendus à un trapèze, ont brillé durant trois représentations. Chapeau bas les artistes en herbe!

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