« Carlos » le Chat Bleu est de retour

Le public était déchaîné lors du concert de la tête d’affiche «Canned Heat», en 2023.  | N. ACRI – LDD

Monthey
Ces vendredi et samedi, une déferlante de blues va animer le parc du Crochetan. Fort du succès de l’an dernier, qui s’était déroulé de manière inédite sur deux jours, le Chablues Festival remet ça avec une programmation de haut vol.

10 ans déjà que le projet a germé. C’était en 2015, lors d’une balade dans le Parc du Crochetan – un ancien terrain vague qui s’était mué en écrin de verdure – que trois copains, Guillaume Abbey, Pascal Vigolo et Samuel Peterer, ont lancé leur idée folle: créer de toutes pièces un festival de musique.
Guillaume Abbey se remémore les prémices du Chablues. «Fans de musique anglo-saxonne et de concerts, nous avions le désir, depuis longtemps, de mettre sur pied un festival gratuit au cœur de notre ville. Cette belle pelouse, que les Montheysans se sont rapidement appropriée, nous a semblé l’emplacement idéal pour accueillir une telle manifestation.» S’en est suivie une longue réflexion sur le genre musical le plus approprié. «Nous souhaitions offrir une musique qui s’accorde tant au lieu qu’à un public intergénérationnel. Le blues, dont le spectre musical se caractérise par une grande diversité de styles nous a semblé être le plus adapté», ajoute Samuel Peterer.

Appelez-le Carlos
En 2016, le premier miaulement de Carlos le Chat (le symbole et visuel du festival) a retenti aux oreilles des Montheysans. Et rapidement, le succès a été au rendez-vous. Mais quel rapport entre un chat et le démon du blues? Guillaume Abbey sourit. «Le Chablues s’appelle ainsi parce que c’est un mot-valise, la contraction de Chablais et de blues.» Restait encore à trouver un prénom aguicheur au félin. «Nous avons passé un week-end complet à chercher comment appeler notre mascotte sans trouver le nom convaincant.» Résignés et las, les trois comparses noient le goût amer de leur manque de créativité en écoutant un disque de Carlos Santana. En cœur, Pascal et Samuel s’exclament «Et la lumière fut!» Cette musique, cet artiste de talent a été le déclic. Le festival sera représenté, et pourra être suivi sur Facebook, sous le nom de «Carlos Chablues».
4 ans durant, la manifestation a déployé ses notes l’espace d’une unique journée et de quatre concerts. Mais en 2023, les organisateurs ont changé la formule avec deux journées de blues au programme. Guillaume Abbey s’en félicite. «L’année dernière, on a joué les prolongations avec cette journée supplémentaire et le public a répondu présent avec plus de 3’500 spectateurs!» Dès lors, ce ne sont plus quatre, mais six concerts qui sont proposés avec des genres de blues variant au gré des groupes et des artistes qui se produisent sur scène. Seul point commun: ils savent tous caresser le public dans le bon rythme pour le faire ronronner de plaisir.

 

www.chablues.ch

Chablues Festival, vendredi 9 et samedi 10 août au parc du Crochetan, Monthey

Six concerts sur deux soirées

Le festival montheysan dispose cette année d’un budget de 45’000 francs, d’une septantaine de bénévoles et surtout de six ans d’expérience. Il proposera en cette fin de semaine une programmation digne du «Blues Devils». Vendredi, Luke Hilly and the Cavalry, un groupe valaisan dont la particularité est de chanter du country blues et du bluegrass en anglais et en italien, lancera les festivités. Washboard, harmonica, violon ne manqueront pas d’emporter le public dans l’univers musical des musiciens. Suivra ensuite le band métissé The Two, avec Thierry Jaccard et le Mauricien Yannick Nanette. La «machine de guerre» française Kathy Boyé, lauréate en 2018 de l’European Blues Challenge, et son band DTG Gang seront l’explosion finale de la soirée. Le samedi, le Montheysan d’origine Vincent Barbone et son groupe Vince & Brothers joueront leurs propres compositions. Le leader du band a démarré sa carrière il y a plus de 55 ans. Habité par la musique, sa guitare toujours à portée de mains, il a roulé sa bosse aux quatre coins de la planète et sait allumer ses riffs avec une étincelle universelle. Le relais sera assuré par The Strikers. Cette formation française, composée d’une partie des musiciens présents l’année dernière avec Little Mouse and the Hungry Cats, feront «couler de la lave incandescente dans l’appareil auditif». Pour clore cette 6e édition, place aux Belges de The BluesBones, considéré comme un des meilleurs groupes actuels de blues rock européen. Pour celles et ceux qui auront encore soif de musique, des jam-sessions gratuites se dérouleront les deux jours au Tattoo Bar-Pub et au Plic Café dès minuit.

GALERIE