«Ce défi a réussi à fédérer bien au-delà de nos espérances»

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Genève-Dammastock
Le Villeneuvois Diego Rapin a bouclé son périple le long du Rhône en moins de 50 heures d’efforts. Au-delà de l’exploit sportif mêlant nage, vélo, et ski alpinisme sur plus de 250 km, «Rhône Quest» a été avant tout une aventure collective réussie.

Certains l’ont pris pour un fou, d’autres ont eu le sourire en coin quand ce coach sportif de 41 ans l’a annoncé. Il allait essayer de réaliser son rêve depuis qu’il est arrivé en Suisse: rallier par la force des bras et des mollets la source du Rhône, au sommet du glacier du Dammastock (UR) depuis Genève. Le but de ce Toulousain d’origine, au-delà de l’objectif sportif: sensibiliser à la préservation et à la défense de l’environnement.

Les fonds soulevés par ce défi – actuellement plus de 20’000 francs – seront en effet remis à Summit Foundation (engagée pour la réduction de l’impact environnemental des activités humaines en montagne) et à l’Association pour la sauvegarde du Léman.

Et c’est désormais chose faite. Diego Rapin a accompli son «expédition» en 48 heures d’efforts, réparties sur quatre jours. «Le lendemain, il n’avait presque pas de courbatures, ça devient presque rageant, plaisante sa femme Lila Pennec, qui l’a accompagné tout au long de cette aventure. Je le savais endurant, mais pas à ce point.» Dans ses yeux, et ceux de leur fils Liou (6 ans), la fierté est indicible. «J’ai beaucoup aimé suivre le défi de papa!», lâche avec timidité ce dernier. À l’arrivée, il a aussi ramassé un bout de plastique vert, à deux pas du glacier, tout un symbole. «Au départ, c’est aussi grâce à lui que je me suis engagé, souligne Diego Rapin. Quand je vois à quel point retrouver des déchets sauvages peut le toucher, j’ai décidé d’agir.»

Les aléas de Mère Nature

Le Villeneuvois s’est ainsi lancé à l’eau jeudi dernier aux alentours de 12h. Il était prêt. Pendant des mois, il s’est en effet entouré d’experts – spécialistes en endurance, navigateurs, fasciathérapeute, médecins etc. – pour maitriser le maximum de paramètres le jour J. Sauf les conditions météorologiques… Il commence sa nage à contre-courant pendant plus de 25 km, jusqu’à Yvoire (F). «J’avais à ce moment plus de 25 minutes de retard sur le plus mauvais des scénarios envisagés, relève le quadragénaire. Mais mes accompagnants ne m’ont pas trop inquiété. J’avais mal à l’épaule dû à l’effort intense et on a choisi de poursuivre avec de petites palmes.» La nuit, il ne s’arrête qu’une seule fois pour dormir une vingtaine de minutes sur un paddle, puis un peu plus d’une heure sur le bateau qui le suivait. 

Au fil des kilomètres, il rattrape son retard jusqu’à atteindre Évian, puis Meillerie (F). Des amis le rejoignent à ce moment à la nage pour le soutenir sur la portion du Haut-Lac. «Ça m’a remis une de ces pêches!», confie-t-il. Mais vient alors un deuxième écueil, un gros orage pointait le bout de son nez. L’équipe a alors rejoint Le Bouveret en voilier. «On avait espoir de repartir pour rejoindre Villeneuve à la nage, mais ça s’est gâté, relève Diego Rapin. Il devra finalement abandonner ce dernier bout pour rejoindre son appartement. En ressort un peu de frustration, mais surtout une bonne nuit de sommeil. Les premiers 60 km sont accomplis.

Incertitudes jusqu’à la fin

Le lendemain, le Villeneuvois enfourche son vélo, et là, surprise: de nombreux soutiens sont présents à ce second départ. Amis et sponsors lui donnent l’énergie physique et mentale nécessaire pour se lancer dans l’étape 2: Villeneuve-Col de la Furka, et ses 178 km. «Franchement, sans eux et sans l’équipe, je n’aurais probablement pas réussi à aller jusqu’à la fin, témoigne Diego Rapin. J’ai vécu tous ces moments à 200% avec eux à chaque fois que je le pouvais.» D’une dizaine de cyclistes, le petit peloton s’éclaircit au fil de la journée. «On n’était plus que la moitié à l’hôtel emblématique du Belvédère, juste à côté du glacier. C’étaient tous des gars entraînés, dont certains pratiquent le cyclisme régulièrement, mais il a fait vraiment très, très chaud!»

Ne restait plus que la cordée jusqu’au Dammstock à plus de 3’600 m en pleine nuit. «J’ai très peu dormi juste avant, mais le souci n’était pas là. On a failli ne pas partir, les prévisions étant mauvaises avec des températures très élevées, poursuit Diego Rapin. On risquait de s’enfoncer dans la neige, voire même de ne pas voir certaines crevasses.» Mais la bonne étoile était avec lui lors de cette aventure. «Finalement, ça s’est avéré moins pire qu’annoncé et on a pu aller jusqu’au bout! Au sommet, j’ai lâché une petite larme derrière mes lunettes.» De retour au pied du glacier au petit matin, c’est le soulagement chez les proches. «Ils étaient devant nous sains et saufs, et le défi pour lequel on a tant travaillé était réussi, raconte sa compagne. Là, on a tout lâché, c’était l’explosion de joie!» Place désormais aux défis suivants? «Je vais me reposer un moment, sourit Diego Rapin, et on poursuivra nos actions pour la protection de l’environnement. L’idée, c’est que le vent qu’a apporté «Rhône Quest» continue à souffler pendant de nombreuses années!»

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