« Cela fait quatre ans qu’on l’espérait ce titre ! »

C’est l’euphorie dans la salle de gym de Bahyse, les filles du Blonay Basket ont remporté la finale de LNB face à Winterthour 59 à 49.  | A. Capel

Basket
Les Blonaysannes ont obtenu dimanche le titre de champion suisse de LNB qu’elles attendaient depuis longtemps. À la salle de Bahyse, elles ont été portées par un public déchaîné lors du Final Four, point d’apothéose de la saison. Ambiance.

Blonay, terre de basket, abrite le plus grand club formateur du canton de Vaud, fort de ses quelque 400 juniors. Son équipe féminine rêvait depuis longtemps de décrocher le titre de champion suisse de LNB qui lui échappait de peu ces dernières années. Elles ont échoué trois fois en demi-finale des play-off en 2017, 2019 et 2021. Mais ce Graal tant espéré, les Blonaysannes l’ont enfin conquis dimanche dernier, au terme d’un Final Four organisé à domicile, dans une salle de Bahyse comble. Les supporters ont soutenu leur équipe avec une ferveur indescriptible, au son des tambours et des trompettes. Blonay n’avait jamais connu cela! 

Dimanche, les Vaudoises ont remporté de manière méritée une finale tendue, serrée face à Winterthour. Et la joie fut à la hauteur d’une si longue attente. Elles se sont congratulées dans une mêlée débridée, puis ont salué leurs supporters dans une communion totale. Et les scènes touchantes se sont multipliées, plusieurs joueuses jeunes mamans tenaient leurs enfants dans les bras, à l’image de la capitaine Sarah Cavin avec Noam, 5 ans et Alya, 2 ans, tout fiers. «Cela fait quatre ans qu’on l’espérait ce titre, c’est un moment très fort!», lançait-t-elle dans l’euphorie ambiante.

Duel musclé en finale

Ces play-off s’annonçaient très serrés, trois équipes sur quatre, Blonay, Sion et Winterthour avaient fini le championnat à égalité. En demie, Blonay l’a remporté assez facilement face à des Valaisannes victimes d’un début de match catastrophique (68-58). Les choses ont été nettement plus compliquées en finale. Les Vaudoises ont certes fait la course en tête, mais sans jamais vraiment réussir à se détacher, 30-25 à la mi-match, 46-41 au terme du troisième quart-temps. Un duel musclé entre un collectif local très soudé et une équipe zurichoise jeune et entièrement axée sur sa virevoltante, son insaisissable Américaine Lashonda Monk, seule pro sur le parquet. 

En fin de match, dans une ambiance surchauffée, les spectateurs ont copieusement sifflé les tireuses de lancers-francs zurichoises pour les déstabiliser, ce qui s’est révélé plutôt efficace. Et alors qu’il restait deux minutes, la Suédoise de Blonay Michaela Borg – l’épouse du joueur veveysan Jonathan Dubas – en a réussi quatre avec une belle décontraction, ce qui a dissipé les derniers doutes. 59-49 au final. Blonay l’emporte avec une petite marge. 

Un club familial

Très expérimentée, et composée majoritairement de trentenaires, la formation blonaysanne est une équipe fortement ancrée dans la région. La moitié de l’effectif est issue du club à l’image de Sarah Cavin (32 ans). «J’ai commencé à jouer ici à 10 ans. J’ai ensuite évolué en LNA avec Genève et Pully, puis je suis revenue», raconte cette enseignante à Corseaux, 100% amateure, comme toutes ses coéquipières. «On paie nos cotisations comme les autres membres, sourit-elle. On est une vraie équipe de copines et c’est ce qui fait notre force. En dehors du basket, on fait plein de choses ensemble. On va nager au lac, on part parfois à plusieurs en vacances. Il y a une super ambiance entre nous.»

Avant de rejoindre Blonay voilà deux ans, Tiffanie Zali (29 ans) a joué neuf saisons avec Elfic Fribourg, l’équipe qui survole le basket féminin suisse, avec 29 titres à la clé, coupes et championnat confondus. «Disons qu’ici, je suis dans la continuité, s’amuse-t-elle. Ce sacre était clairement notre objectif et on est allées le chercher avec les tripes. À Fribourg, il y avait une belle ambiance, mais pas aussi familiale qu’ici.»

Même sentiment chez Tamara Détraz, 30 ans, ex-joueuse d’Elfic elle aussi, meilleure scoreuse de l’équipe, auteure de 18 points dimanche. «Cette saison, nous sommes restées invaincues à la maison et, de toute ma carrière, je n’ai jamais connu un public comme aujourd’hui!»

«La seule star, c’est l’équipe»

Formé à Blonay et présent ce week-end, Thabo Sefolosha a été très touché par l’ambiance de ces play-off qui lui ont rappelé tant de souvenirs d’enfance. «J’avais 10 ans quand j’ai commencé dans une petite salle, là, juste à côté, relève l’ancienne star de la prestigieuse NBA américaine. J’ai été champion suisse cadet avec Blonay. Cette équipe, avec son jeu très plaisant, fait une pub de rêve pour le basket féminin et c’est super cool!» Quant à Alain Bovay, le syndic de Blonay-Saint-Légier, il ne cachait pas sa fierté. «Nous avons ici plus de 50 sociétés pour une population de 12’000 habitants et le basket nous tient évidemment à cœur. Blonay est tout sauf une cité dortoir et le succès de ces play-off le démontre.»

Reste une question: le club, qui fêtera ses 50 ans l’an prochain, profitera-t-il de ce titre pour monter à l’échelon supérieur en LNA? Avocat et président depuis sept ans, Volker Tiemann répond sans tergiverser. «Non, ce n’est pas d’actualité. Cela impliquerait d’augmenter notre budget et d’engager des étrangères. Or, à Blonay, la seule star, c’est l’équipe! Nous voulons poursuivre dans cette dynamique-là. Et les filles sont aussi d’accord.»

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