
Située à deux pas de la ligne du Blonay-Chamby, l’école privée de Chantemerle surplombe le Léman depuis 1966. | DR
Ses volets rouges et ses lames en bois sont emblématiques du lieu. Chantemerle, ce sont plusieurs bâtisses, principalement des chalets, situés à l’abri des regards sur les hauteurs de Blonay. En arrière-fond, on entend le train à vapeur du Blonay-Chamby, sa ligne se trouvant quasiment sous ses fenêtres. Au cœur d’un terrain de plus de 4 hectares avec un jardin de permaculture, des terrains de sports et une petite chapelle, les élèves (60% de Suisses, 40% d’internationaux) poursuivent un cursus privé.
Autrefois pension, Chantemerle a depuis bien évolué. Aujourd’hui près de 100 jeunes sont répartis entre ce site à Blonay et celui de Vevey. À l’approche de son événement célébrant ses 60 ans, près de 200 anciens élèves seront réunis lors du week-end pascal autour de nombreuses activités.
Complémentaire au cursus public
À peine le pas de porte franchi, on se retrouve dans un bureau avec vue sur le Léman. Au sein de la petite bibliothèque, une grande collection d’ouvrages de Jules Verne, soigneusement alignés. Le directeur Yann Wegmüller nous y rejoint. Aux manettes de Chantemerle depuis plus de 15 ans aux côtés de sa belle-sœur, il a succédé à son père Jean. «Cette transition s’est faite tout en douceur. À 91 ans, il vit encore ici.»
Enseignant remplaçant tout d’abord au bureau de placement de l’école publique à Lausanne, Jean Wegmüller a poursuivi son parcours à Vers-l’Église avant de poser ses valises à Blonay, où il a également enseigné. «Avec notre mère Mathilde, ils souhaitaient ouvrir une école privée. Et il y a eu cette opportunité de racheter cette pension à un couple de propriétaires. Sans le sou, ils sont arrivés à le convaincre et se sont lancés dans cette aventure.»
Au départ, les enfants venaient de Paris pour des camps d’hiver, puis pour les camps d’été. À la suite de ces séjours immersifs, l’institution a évolué pour devenir un internat, puis également un externat. «Au début des années 2000, Chantemerle a su s’adapter, précise Yann Wegmüller. En pleine période de récession mondiale, elle s’est ouverte aux demandes locales avec cet externat. Aujourd’hui, près de la moitié de nos élèves évoluent dans ce modèle.»
L’école privée s’est aussi rapprochée de l’école publique. «Nous sommes complémentaires, mais nous proposons des plus petites classes jusqu’à douze écoliers. Certaines familles ont des enfants qui ne sont pas forcément à l’aise avec la structure publique, alors nous sommes là pour proposer une alternative reconnue.»
Chantemerle se distancie par contre des grandes écoles. «On reste à taille humaine, avec des valeurs familiales, souligne le directeur. C’est peut-être ce qui nous différencie principalement des voies de baccalauréat internationales que l’on peut retrouver par exemple dans les Alpes vaudoises.»
Une formule qui a ses adeptes, les anciens élèves revenant régulièrement rendre visite avec leurs enfants. Et quid des personnes externes qui souhaiteraient découvrir l’école? «Les portes ouvertes, c’est toute l’année, sourit Yann Wegmüller, il suffit juste de nous contacter pour organiser une visite.»
