
Marjorie et Fanny Berrut s’alignent régulièrement sur les courses de la région. Et la plupart du temps avec succès! | DR
Inséparables, Marjorie Berrut, la fille (24 ans) et Fanny, sa maman (50 ans), dominent quasi toutes les courses auxquelles elles participent, dans le Chablais et au-delà aussi. Ces deux sportives de Troistorrents gagnent, et toujours avec le sourire, par amour pur de la course à pied.
Début novembre, sur les 9 kilomètres de la César Costa Race, à Saxon, elles ont signé un joli podium en famille, toutes classes d’âges confondues. Marjorie, qui survole la saison, l’a remporte en 41’04 et Fanny a fini 3e en 46’56. «C’était vraiment chouette», nous racontent-elles, très complices et ravies d’évoquer leur passion commune.
Fanny travaille à la garderie de Troistorrents alors que Marjorie partage sa vie entre son emploi à 50% dans une banque de Massongex et des études de droit par correspondance. «J’aime être occupée et j’ai besoin de concret, relève-t-elle, je ne pourrais pas faire que des études.»
«Tiens, y a les Berrut», c’est ce que les deux entendent souvent à leur arrivée à une course tant elles sont connues dans le milieu. Elles débarquent toujours ensemble en voiture et elles ont leur petit rituel. «Pour se mettre en forme, on écoute de la musique qui bouge, qui déménage, le groupe Corona par exemple», glisse Marjorie. Au départ, on se fait un bisou en se disant «Éclate-toi!», rebondit Fanny.
Le plaisir avant tout
Pour avoir une idée de leur domination, il suffit de se plonger dans les résultats de la saison. À La Trotte à Bernard, le 2 avril, sur les hauts de Martigny, Marjorie la remporté chez les élites en 31’02, imitée par sa maman chez les plus de 50 ans, en 35’34. Presque le même résultat le 19 juillet sur les hauts du Grand Saint-Bernard: Marjorie s’adjuge le scratch lors du cross de 6,8 km du Trail du Vélan en 1h04 et sa maman finit 4e toutes classes d’âges confondues en 1h12.
Elles sont insatiables et cela fait un moment que ça dure. Les Berrut gardent un souvenir à part de leur victoire en équipe en 2019 à la Collontrek (22 kilomètres entre Bionaz dans le Val d’Aoste et Arolla). «On a eu des coups de mou à tour de rôle. Maman qui a le vertige a eu peur dans les descentes, il y avait de la glace, des cailloux, mais c’était génial», se remémore Marjorie.
Ce printemps, elle a aussi remporté pour la deuxième année consécutive le très populaire Tour du Chablais, sa course préférée, disputée en six étapes dans une ambiance très conviviale. «On court après le boulot, ça crée des liens. Il y a des étapes où on est bien, d’autres moins bien.» Quasi invincible, n’a-t-elle jamais envisagé de passer à l’échelon supérieur, de tenter l’aventure professionnelle? «Non, répond-elle sans hésitation. La notion de plaisir est primordiale pour moi sans oublier que je suis une bonne vivante.»
Des rôles inversés
Pierre Vannay, le grand papa, a été l’un des membres fondateurs du BBC Troistorrents qui évolue au sommet du basket Suisse. Et tout naturellement, les deux petites-filles ont commencé par ce sport, la cadette Loïse (22 ans) continuant à y jouer.
Un âge lors duquel, Fanny s’est aussi tournée vers la course à pied. «J’ai débuté à 20 ans et je n’ai plus arrêté. Je sais que je vais encore régresser, mais je courrai toute ma vie. Ça me déstresse, ça me vide la tête», explique-t-elle.
D’abord rétive, Marjorie finit par la suivre à la fin de l’adolescence. «Pourtant, je n’imaginais pas faire un sport sans ballon et j’ai la tête dure.» Au départ, sa maman la laissait sur place à chaque course. «Elle m’a mis des sacrées trempes, croyez-moi!», rigole Marjorie. Aujourd’hui, les rôles se sont inversés. «Je souhaite bonne course à Marjorie, puis je ne la vois plus, même si j’essaie de m’accrocher», enchaîne la maman.
Cinq fois par semaine, elles s’entraînent ensemble sur les hauts de Troistorrents, après le boulot. Et même quand il fait déjà nuit, à la lampe frontale. «On n’a pas toujours envie, mais on ne rate jamais une séance, nous sommes assez psychorigides», sourit Marjorie. Et Fanny de conclure: «Courir ainsi avec ma fille, c’est un cadeau. Ce n’est que du bonheur!»
