Christofer Borloz a le cor des Alpes chevillé au corps et à l’âme

Christofer Borloz, meilleur joueur de cor des Alpes au Festival international de Nendaz.  | E. Moos.  

Musique
Le musicien de La Tour-de-Peilz a remporté récemment le très prisé concours du Festival international de cor des Alpes de Nendaz. Un instrument qui ne le quitte plus depuis ses 17 ans.

Entouré de différents instruments de musique dans une salle nichée au cœur de la belle chapelle des Monts-de-Corsier, Christofer Borloz ne peut pas être, ici, plus dans son élément. Le Boéland, trentenaire depuis quelques jours, a appris le solfège à l’âge de 5 ans et n’a depuis plus quitté partitions, instruments, et salles de musique ou de concert. Il joue notamment à la fanfare l’Amitié des Monts-de-Corsier que son père a longtemps dirigée.

Après le gymnase option musique à Lausanne, puis l’obtention d’un Bachelor section percussions et un Master en pédagogie instrumentale, Christofer a rapidement décidé de transmettre son savoir. Les instruments de base qu’il enseigne aujourd’hui sont les percussions, particulièrement le tambour qu’il pratique depuis l’âge de 6 ans. Il est professeur de musique sur Vaud et Valais.

Un instrument envoûtant

Depuis quelques années, ce talent précoce a rajouté des cordes à son arc. «Je joue aussi de l’euphonium (aussi appelé tuba ténor) et du cornet. Pour ce qui est du cor des Alpes, j’ai commencé à 17 ans.» Christofer Borloz a ensuite suivi une masterclass durant un an à l’Académie suisse du cor des Alpes à Montreux et en est actuellement le sous-directeur. Il enseigne aussi la maîtrise de cet instrument fascinant long de 3m40 et à la sonorité envoûtante, emblème de tout l’Arc alpin. 

«On sent un engouement, chaque fois qu’on joue dans des fêtes fédérales ou régionales; en public ou en privé. Des gens ont envie d’apprendre», souligne le Boéland qui a entre autres joué à la dernière Fête des Vignerons. «Bien véhiculé dans les médias, notre instrument nécessite un répertoire vivant, varié et intéressant», ajoute celui qui compte déjà à son actif une trentaine
de partitions écrites pour cor
des Alpes.

Musicien humble

Parmi ses œuvres, une composition l’an passé pour le Festival international de cor des Alpes de Nendaz, la plus grande manifestation sur sol suisse avec la Fête fédérale des yodleurs. La manifestation valaisanne voit bon an mal an la participation de 150 joueurs de cors venus de toute l’Europe, mais aussi des États-Unis et du Canada, d’Amérique du Sud, du Japon, d’Australie et de Chine. 

«J’y vais tous les ans depuis 2014 sauf en 2019, Fête des Vignerons oblige», relève Christofer Borloz. Malheureusement à chaque fois sans succès, jusqu’à l’édition 2024. Le Boéland a touché le Graal cette année. «Je suis évidemment content de l’avoir emporté, mais sans plus. Je ne veux pas tirer la couverture à moi, du reste je n’aime pas parler de moi. Je veux tout simplement transmettre ma passion du cor des Alpes avec humilité et amour», confie ce musicien passionné de fanfares, de brass-bands, de musique traditionnelle suisse et de chansons populaires. Il est encore juge fédéral pour des manifestations et concours.

Record en vue

Pour Christofer Borloz, le cor des Alpes, c’est bel et bien le partage. «J’en joue en duo, en trio et aussi en quatuor au sein de la formation En Moille-Saulaz (ndlr: du nom d’un hameau de Corsier), avec Jacqueline Baehler, Jaques Taverney et Pascal Michel.»

Entre cours de musique pour enfants et adultes qui reprennent ces jours et diverses représentations, comme samedi dernier aux Marchés folkloriques de Vevey, Christofer Borloz va participer prochainement à un événement particulier. Le 31 août, il rejoindra en Suisse centrale la Klewenalp qui surplombe le lac des Quatre-Cantons pour contribuer au record mondial du nombre de joueurs de cor des Alpes. Les organisateurs tablent sur 555 souffleurs qui joueront de concert. «Il y a grosso modo 10’000 joueurs de cor des Alpes en Suisse. On devrait y arriver», lance Christofer dans un sourire.

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