Claude Pottier «Pour notre club, c’est une renaissance, un nouveau départ!»

Le président Claude Pottier peut compter sur plusieurs sponsors, afin que le BBC Monthey puisse encore s’aligner cette saison. Swiss Basketball a accordé sa licence au club chablaisien fin août.  | BBC Monthey

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Après des mois de doutes, le club chablaisien a finalement obtenu sa licence sous conditions pour continuer à jouer en Swiss Basket League. Son président Claude Pottier s’est battu sans relâche pour le sauver. Interview.

Après avoir frôlé la faillite, le BBC Monthey a été sauvé in extremis. L’équipe entamera la SBL le 27 septembre contre Lugano. Un soulagement?

– Je dirais même une renaissance! Cette saison est un nouveau départ, avec un beau projet à la clé. C’est d’autant plus beau que le BBC Monthey a été créé – drôle de hasard – en septembre 1966. On fête donc ses 60 ans en ce moment même. On se réjouit beaucoup de ce premier match en terres tessinoises.

Le Français Arnaud Ricoux (51 ans), votre entraîneur, ne manque pas de références, y compris en Suisse où il a gagné la Coupe en 2013 avec Union Neuchâtel.

– Connaissant l’histoire de notre club, il avait envie de se retrouver dans une petite ville mordue de basket, comme Monthey, où il se sente bien.

Arrivé fin août, il a eu à peine un mois pour bâtir son équipe. C’est un peu court non?

– Nous n’avons pas attendu la décision de Swiss Basket pour avoir des contacts réguliers avec lui. Arnaud est très intéressé par notre projet qui mise sur la jeunesse. Trois grands espoirs français, de 19 à 21 ans, Arnaud Oudart, Anton Mendy et Davi Davis, ont signé, désireux de tenter une expérience à l’étranger. Ce sont des joueurs majeurs. Deux jeunes sont aussi arrivés de Martigny et de Vevey et nous allons encore intégrer des éléments de notre équipe U23. Ces joueurs seront entourés par notre nouvel Américain Xzavier Long (23 ans) et des piliers du club comme Thomas Fritschi et Cristian Pottier.

Quel est votre objectif cette saison?

– Nous qualifier pour les play off, et dans l’idéal participer au Final Four, ce qui n’est plus arrivé au BBC Monthey depuis une dizaine d’années.

Vous vous êtes battu tout l’été pour sauver le club, on a eu le sentiment que vous étiez le seul à y croire.

– Oui, à un moment, j’ai senti une forme de résignation dans la région… Je n’ai pas obtenu le soutien espéré, alors que la dette de 130’000 francs – pour un budget de 650’000 francs – n’était pas insurmontable. Finalement, des partenaires privés, dont je dévoilerai le nom plus tard dans la saison, nous ont permis de réunir cette somme. Comment aurait-on pu laisser mourir un club chargé d’une telle histoire? Trois fois champion suisse et au plus haut niveau depuis 1981, le BBC Monthey est le plus ancien club de SBL derrière Fribourg Olympic. Je sens pourtant un net regain d’enthousiasme depuis que ce cap si douloureux a été passé. La semaine dernière, la salle du Reposieux était presque pleine pour notre match amical contre Blonay. C’est de bon augure!

Alors que vous étiez encore démissionnaire voilà quelques semaines, vous avez finalement décidé de rempiler comme président, en attente de la prochaine assemblée générale. C’est dire à quel point vous êtes attaché à ce club?

– En réalité, je n’ai pas vraiment eu le choix. L’une des conditions fixées par Swiss Basketball pour l’octroi de la licence était que le comité actuel reste en place pendant au moins une année. Mais c’est vrai que le BBC Monthey m’est très cher. Je jouais avec la Une, aux côtés de mes deux frères, lors de la montée en LNA en 1981. Avant de privilégier mes études, j’ai poursuivi encore une année au plus haut niveau où j’ai eu la chance de côtoyer Sterling Edmonds, le premier Américain à porter nos couleurs. D’ailleurs, comme il était en Valais avec sa famille la semaine dernière, nous leur avons réservé une petite réception à Monthey.

Directeur du Centre suisse de formation professionnelle à Berne, vous êtes aussi un intellectuel féru de Kant, le grand penseur allemand du XVIIIe siècle.

– Après le collège à Saint-Maurice, j’ai étudié la philosophie à l’Université de Fribourg, avec comme options l’éthique et la politique, et j’ai obtenu un doctorat en philosophie médiévale. Quand j’ai le temps, je continue d’ailleurs à lire des ouvrages de philosophie.

Et côté hobbies, il paraît que vous avez un petit faible pour la bonne chère.

– Oui, j’aime bien de temps à autre me faire un gastro avec ma famille et des amis. Et il m’arrive souvent de me mettre aux fourneaux le week-end. Sans oublier mes deux fours à pizza, un à la maison et l’autre au chalet à Morgins.

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