
Après avoir marqué, les Montheysans ont tenu jusqu’au bout face à la réserve du FC Sion. | S. Schneider
Ce qu’il y a de magique dans le foot, c’est que parfois des équipes parviennent à battre des adversaires de tout évidence plus forts grâce à leur état d’esprit, leur courage, leur refus d’abdiquer. On se souvient de la victoire de la Suisse contre l’Espagne de Xavi et d’Iniesta, futurs vainqueurs du tournoi lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud. Samedi en fin d’après-midi à Tourbillon, on a eu exactement le même sentiment en assistant au succès inespéré et très important en vue du maintien de Monthey sur les M21 de Sion, deuxièmes du classement, et pourtant largement dominateurs.
Forteresse imprenable
Après avoir rapidement ouvert le score, les Chablaisiens ont résisté aux assauts répétés des Sédunois. Le seul but du match a été marqué par Artan Asani à la 14e minute sur une des nombreuses contre-attaques de Monthey, tranchantes, verticales, à deux, trois touches, qui ont failli faire mouche à d’autres reprises en première mi-temps. Un plan de jeu parfaitement respecté.
Pour les Montheysans, la deuxième mi-temps a ressemblé à un remake du siège de Fort Alamo tant ils l’ont passée recroquevillés, arc-boutés dans leurs 16 mètres. Sion a touché les montants, raté des montagnes, multiplié les occasions en vain, car chaque fois un pied, un genou, le torse d’un Montheysan était là pour s’interposer au dernier moment, sans oublier les arrêts miracles du gardien Gianni Fontana.
On a eu l’impression que Sion aurait pu jouer trois heures sans réussir à tromper cette défense transformée en forteresse imprenable. Meilleur symbole de cette résistance, l’intraitable stopper Anthony Cruz signant quelques sprints rageurs vers l’avant, permettant à l’équipe de respirer.
«Battre Sion ? Un exploit»
Arrivé à la pause d’hiver à la tête d’une formation en perdition, Lucien Dénervaud lui a redonné une âme de battant et ce morceau de bravoure le réjouissait au premier chef. «Je suis très fier de mon équipe, mes gars ont fait un gros, un très gros match. Je les ai sentis très forts dans leurs têtes dès le début. Battre Sion qui a mis 33 buts de plus que nous depuis le début de ce championnat relève de l’exploit. C’est notre plus belle victoire depuis que je suis là.» À la fin du match, comme il le fait chaque fois quelque soit le résultat, il a réuni ses joueurs au milieu du terrain en une mêlée symbole d’union sacrée. Puis les cris de joie des Montheysans dans leur vestiaire ont résonné loin à la ronde.
Monthey n’avait grappillé que 13 points en 16 matches au premier tour. Avec Dénervaud, l’équipe en a récolté un de plus, soit 14, mais en huit matches seulement et compte aujourd’hui une marge appréciable de huit points sur Pully, le premier relégable. Pourtant, l’ex-entraîneur de Bulle ne se laisse pas gagner par l’euphorie. «Rien n’est fait, même si cette victoire va nous apporter beaucoup de confiance. Le week-end prochain, nous recevrons La Sarraz, autre mal classé, et à la maison, il s’agira de faire le nécessaire».
