Compromis trouvé autour de la mort de Jahde

Au cœur d’un conflit, le sort de la petite Jahde a finalement abouti à un compromis financier acceptable et un retrait de plainte.  | LDD

Judiciaire
Les deux parties prenantes de l’affaire du chiot dévoré dans un chenil ont trouvé un accord. Demeurent les infractions poursuivies d’office à purger.

En pleurs à plusieurs reprises, la maîtresse de Jahde en s’adressant à la cour assure «vouloir en finir au plus vite». Elle fait part du traumatisme subi à la suite de la mort violente de son boxer (voir édition 201, 30 avril 2025). «Mes deux filles ont aussi été profondément marquées. Une n’a pas mangé pendant plusieurs jours après cela. Je veux conclure cette affaire.»

Il y a plus de deux ans déjà, la petite chienne de la famille a été mordue à mort par les deux bergers allemands de la gérante d’un chenil de l’Est vaudois, où Jahde avait été placée pour la journée. L’audience s’est déroulée entre les deux parties, vendredi dernier au Tribunal de police de l’arrondissement de l’Est vaudois, à Vevey.

« Prix de la paix »

Le procureur avait préalablement retenu, comme infractions possiblement réalisées, les mauvais traitements infligés aux animaux par négligence et aussi la tentative de contrainte. Il a requis une sanction de 120 jours-amendes à 60 francs avec sursis pendant deux ans, plus une amende de 900 francs possiblement convertible en 25 jours de prison de substitution en cas de non-paiement. La plaignante demandait en sus le versement de 27’000 francs pour frais divers, tort moral – pour elle et ses filles – et pour ses frais d’avocat.

D’entrée de cause, la présidente Michèle Meylan a annoncé vouloir «mener une conciliation pour parvenir éventuellement à une médiation». Patiemment, avec beaucoup de psychologie et d’empathie, elle a poussé ses arguments pour briser les antagonismes. Les deux parties y étaient préparées. L’accusée a réitéré à plusieurs reprises ses profondes excuses. «J’ai aussi été terriblement choquée, même dévastée par ce drame. J’ai rapidement proposé de réparer financièrement le tort moral», a-t-elle annoncé lors de l’audience.

Avant d’éventuellement poursuivre le procès sur le volet pénal, la magistrate a voulu purger celui du dédommagement financier, le qualifiant de «prix de la paix». Avocat de l’accusée, François Gillard a assuré que le versement de 27’000 francs, soit 10% du chiffre d’affaires annuel, pousserait le chenil à la faillite. Robert Kovacs, conseil de la plaignante, a annoncé que sa cliente «pouvait faire un très gros effort pour parvenir à 18’000 francs».    

Plainte pénale retirée

Avec une seconde suspension d’audience, durant laquelle les deux dames sont allées s’expliquer, un accord a été trouvé sur le montant: 11’000 francs à valoir pour la gérante du chenil. La maîtresse de Jahde a consenti à un sacrifice conséquent, voulant stopper la procédure et assurant «ne pas vouloir couler le chenil». Ce qui pourrait être ressenti comme un pur marchandage par les béotiens a finalement abouti dans l’intérêt des deux anciennes contradictrices.

Si la plainte pénale a été retirée, il n’en reste pas moins que les deux chefs d’accusation demeurent «poursuivis d’office». La présidente Michèle Meylan a clos l’audience publique deux heures après l’avoir ouverte. Charge à elle de décider d’une condamnation ou d’un acquittement dans le secret de son bureau (ndlr: le verdict a été communiqué aux parties en début de semaine, mais hors délai de bouclage).

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