Cure de jouvence pour le terrain de Copet ?

Le terrain Copet 1 a déjà eu des soucis avec son gazon par le passé. Il a dû être réensemencé en 2017, compromettant la saison du Vevey-Sports.
| C. Dervey – 24 heures

Vevey
Inauguré il y a près de 15 ans, Copet 1 coûte cher à l’entretien et n’est plus suffisant pour les besoins en entraînements du Vevey-Sports. La Municipalité propose de le réaménager.

S’il y a un heureux de la prochaine réfection du terrain de football semi-naturel, c’est bien le Vevey-Sports. «Nos attentes sont grandes, pour la simple et bonne raison que nous avons une liste d’attente de plus de 250 jeunes qui ne peuvent pas jouer, faute de terrain!»,
déplore le président du club
William von Stockalper. 

Face à cette problématique, la Municipalité proposera en juin un crédit de 2,9 millions de francs pour remplacer le revêtement hybride du terrain par une surface synthétique. Une proposition accueillie favorablement par le club en manque d’infrastructure sportive. 

Doté des stades de Copet à Vevey et La Veyre à Saint-Légier – soit quatre terrains qui regroupent les matches et entraînements d’une vingtaine d’équipes, ainsi que les écoles veveysannes – le Vevey-Sports a besoin d’espace pour pouvoir répondre à une forte demande. Une situation qui nécessite certains compromis.
«On est tous fans de gazon, mais on se rend compte du bien-fondé de cette proposition de synthétique», admet William von Stockalper.

«Un luxe qu’on ne peut plus se payer»

Environ 150’000 francs par année sont nécessaires pour prendre soin de ce terrain. Son utilisation est aujourd’hui de 5h30 par semaine, matches compris. «Cela n’offre parfois même pas assez d’heure d’entraînement pour la première équipe du club, détaille son président. Le terrain synthétique d’à côté doit être partagé entre les autres équipes, ce qui est très compliqué au niveau logistique.» 

À la différence d’une surface naturelle, nul besoin de prendre autant de précautions avec un revêtement synthétique. «Le PLR soutiendra à l’unanimité le préavis de la Municipalité. Au regard de l’utilisation de Copet 1 et de ses coûts d’entretien, c’est un luxe qu’on ne peut plus se payer, explique Patrick Bertschy. Avec 160 enfants sur liste d’attente, l’intérêt est évident!» Et de préciser encore que Vevey, une ville de près de 20’000 habitants, possède «deux terrains de foot et demi, alors que Blonay-Saint-Légier en a trois pour 12’000 habitants» (voir encadré).

Du côté de la gauche, l’enthousiasme est plus modéré. «Les sports, dont le foot, sont un besoin social, reconnaît le coprésident de décroissance alternatives Alain Gonthier. On est conscients que le terrain actuel est un désastre. La proposition nous semble donc raisonnable.»

Président de la Confrérie du Vevey-Sports et élu Vevey Libre, Jérôme Christen regrette d’être mis devant «le fait accompli», lui qui se bat également pour un projet de centre sportif à la Veyre-Derrey. Il estime néanmoins qu’il y a de «fortes chances» que son parti soit favorable au projet de rénovation de Copet 1.

Du synthétique durable

Inauguré en 2011, ce terrain combine un gazon naturel et une surface synthétique. Un concept alors vendu comme «novateur». Or, trois ans après sa création, il présentait déjà des problèmes au niveau du drainage de l’eau et du gazon. Résultat: les joueurs ne pouvaient l’utiliser que dix heures par semaine. Une jouabilité qui s’est rapidement réduite comme peau de chagrin.

Vient alors le choix du synthétique pour pallier ce problème. Une solution qui pondère les besoins des clubs et la responsabilité environnementale de la Ville. «Cette surface est peut-être moins écologique au premier abord, mais elle est en réalité plus durable, explique la municipale chargée des sports Laurie Willommet. Le synthétique permettra une économie d’eau d’environ 90% sur les 13’000 m3 consommés annuellement par le terrain semi-naturel.» Un constat partagé par la conseillère verte Juliette Lerch: «Ce n’est pas sur un terrain de foot que l’on préserve la biodiversité. Nous comprenons et soutenons donc le choix de la Municipalité.»

En plus du remplacement du revêtement, la demande de crédit incorpore le changement de l’éclairage. Une rénovation qui doit permettre de réduire de plus de 50% la consommation électrique actuelle grâce à l’installation de luminaires LED. «Cela permettra de réduire la pollution lumineuse», ajoute l’édile socialiste. 

En cas d’aval du Conseil communal lors de la prochaine séance, les travaux pourraient démarrer au mois de mai 2025, pour une utilisation dès le mois de septembre.