Dans « Gen Z », les jeunes portent la voix de leur génération

Avec ses neuf troupes, l’Association arTmatic permet à chaque danseur, débutant ou confirmé, de trouver sa place.  | H. Siegenthaler

Vevey
Du 5 au 7 juin, près d’une septantaine de danseurs monteront sur la scène de l’Oriental pour raconter, avec leurs corps et leurs mots, ce que signifie grandir aujourd’hui.

«Je me compare tout le temps.» C’est sur ces mots qu’Elio, 15 ans, se lance en répétition. «J’ai peur d’être vraiment moi. Alors comme tout le monde, je fais semblant. Mais quand je danse, ma carapace tombe.» 

Comme lui, 73 autres danseurs de 12 à 30 ans travaillent depuis des mois sur ce projet collectif. Porté par l’association veveysanne arTmatic, le spectacle mêlera danse, théâtre et chant dans une création entièrement portée par les jeunes artistes.  

Leur vécu est au cœur de la démarche. Pression scolaire, hyperconnexion, ou peur de ne pas être à la hauteur. «On a réalisé que beaucoup d’adolescents étaient mal dans leur peau, confie Malia, 16 ans. Ça m’a rendue triste de me dire que c’est aussi ça, être ado aujourd’hui.»

Sur scène, leurs récits prennent corps dans le mouvement. Les textes – inspirés de leurs témoignages et mis sur papier par le comédien Christopher Belizaire (Association Les Mijaurés) – ont été pensés pour préserver leur voix. «Quand on les a lus, on s’est tous reconnus, poursuit Malia. Malgré nos différences, on vit les mêmes choses: le premier amour, l’image de soi, la famille. Ça nous a soudés.»

Au-delà des préjugés

Pour ces jeunes, l’enjeu est aussi de déplacer le regard posé sur leur génération. «Les adultes ont parfois des préjugés sur les ados, estime Elio. On voulait montrer une autre image de notre réalité, se sentir reconnus dans ce qu’on vit.» 

«Gen Z» est aussi un espace de respiration et de reconnaissance. Les danseurs ne sont pas seulement des interprètes, ils s’impliquent dans toute l’organisation du spectacle. «C’est valorisant. Et ça montre qu’on n’est pas fainéants», sourit l’ado. Un fonctionnement qui demande aussi du lâcher-prise du côté des adultes qui les accompagnent. «C’est notre rôle de leur faire confiance et de leur laisser l’espace pour apprendre», rappelle la directrice artistique, Vanessa Costanzo.

Le spectacle agit enfin comme un miroir tendu aux adultes. «Contrairement aux générations précédentes, ces jeunes n’ont plus la possibilité de souffler, observe la comédienne Maeva Bongard, co-responsable de la mise en scène. La technologie et nos générations ont créé cette pression permanente. Si nous leur laissions plus de place, ils iraient sans doute mieux.»

Plus d’infos:
neptune-danse.com/spectacle-2026

«Gen Z» arTmatic, du 5 au 7 juin, Théâtre de l’Oriental, rue d’Italie 22, Vevey.

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