De Glacier 3000 à La Forclaz, les stations cartonnent

Un carton, ni plus ni moins. Sur les pistes, dans les restaurants, dans les hôtels, les stations des Alpes vaudoises (ici à Leysin) enregistrent des chiffres records. 
| C. Dervey

Alpes vaudoises
C’est l’euphorie de Leysin à Villars, en passant par les Rochers-de-Naye et Les Pléiades. Tour d’horizon.

«C’est tout simplement le meilleur résultat jamais réalisé durant les Fêtes.» Jean-Marc Udriot, président de la société Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette, s’exprime au sujet de son domaine de cœur, mais son propos résume bien l’état d’esprit qui prévaut dans les stations des Alpes vaudoises au sortir de cette quinzaine. «On parle de 10% de plus par rapport à l’an dernier, qui était déjà une année record.»

L’anticyclone persistant de ces derniers jours et les chutes de neige abondantes (encore 20-25 cm dans la nuit de jeudi à vendredi), auxquels s’ajoute l’effet MagicPass (une grosse moitié des 65’000 journées skieurs enregistrées à Leysin sur cette quinzaine), ont contribué à noircir les pistes. «Ce qui m’a impressionné, c’est le monde le premier jour de l’An, alors qu’habituellement c’est une journée normale.» 

Idem à Villars-Gryon-Les Diablerets. «Nous avons enregistré 14’000 personnes ce jour-là, contre 8-9’000 un 1er janvier classique, se réjouit Martin Deburaux, directeur de la société de remontées mécaniques TVGD. Il n’y a qu’à regarder les webcams pour comprendre, c’est splendide!»

En chiffres, l’euphorie est encore plus de mise. «Entre le 26 décembre et le 2 janvier, le domaine skiable a accueilli 115’000 clients, un record jamais atteint jusqu’à présent, continue Martin Deburaux. La journée la plus chargée a été le 30 décembre avec 16’200 clients, deuxième meilleur résultat de l’histoire de l’entreprise.»

À Glacier 3000, le vent a empêché d’exploiter quelques jours, mais pas de performer pour autant. «Comparé à décembre 2024, nous enregistrons 42% de clients en plus. Ce qui est intéressant, c’est que sur ce total, 48% sont des piétons qui ne skient pas.»

Sont-ils montés pour découvrir le nouveau restaurant Botta, reconstruit sur les cendres de celui qui a brûlé le 19 septembre 2022? En tous les cas, «nous y avons réalisé 70% de plus que le budget prévu pour décembre et on se situe 40% au-dessus du record de l’ancien Botta!»

Restos et hôtels pleins

À Villars, Martin Deburaux est d’autant plus satisfait que le chiffre d’affaires des restaurants des pistes «ont cartonné», selon ses termes. «Là aussi, on parle de 10%, ajoute Jean-Marc Udriot. Quand j’entends que le ski c’est fini, je me dis que c’est une erreur.»

Les taux d’occupation des hôtels sont à l’avenant. «Nous avons été pleins toutes les Fêtes, même les 24-25 décembre qui ne sont généralement pas des gros jours, a constaté David Delgado, directeur général de la Compagnie hôtelière des Alpes vaudoises SA, qui gère les deux plus gros hôtels de Leysin, l’Alpine Classic et le Central Résidence. Tout est venu en last minute, c’est impressionnant. Du jour au lendemain, tout était plein. C’est une tendance qui se confirme ces dernières années, surtout depuis le Covid.» 

Sergei Aschwanden, directeur de l’Association touristique Porte des Alpes, confirme aussi sur Villars-Gryon-Les Diablerets. Aux Diablerets, par exemple, les deux hôtels de la société Glacier 3000 (The Glacier Hotel, anciennement Eurotel, et Les Sources) affichent complets et 20% environ de rentrées supplémentaires, selon Bernhard Tschannen.

«Avec ces conditions de paradis sur terre, on cartonne comme jamais: entre 5 et 10% d’augmentation dans les lieux d’hébergement, reprend Sergei Aschwanden. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il neige encore une ou deux fois d’ici à février et on aura de belles relâches.»

À moyenne altitude aussi

La fête continue même plus bas en altitude, comme aux Mosses-La Lécherette, qui a connu des hivers moroses ces dernières années. «Grâce à la neige naturelle, le domaine a atteint un record de journées skieurs, soit 30% de plus que la moyenne des 5 dernières années!», précise Jean-Marc Udriot.

Aux Rochers-de-Naye et Jaman, même topo. «Depuis le 24, tout est ouvert, lance Paul Wetzel, responsable des remontées mécaniques. Il y avait 2 mètres de neige aux Rochers-de-Naye! Un vrai paysage de carte postale. Il n’y a qu’à voir la banane des gamins!» 

Aux Pléiades, on a ouvert le 24 décembre, «ce qui ne s’était plus vu depuis sept ans», ajoute Gerald Gygli, président de la Coopérative des Pléiades. La fermeture préventive entre le 30 décembre et le 3 janvier a voulu préserver une couche de neige somme toute modeste, «mais c’est de bon augure en attendant les classes d’école qui vont monter dès le 6 janvier».

Même à La Forclaz, menacée de fermeture par le manque de neige à 1’250 mètres, soit l’altitude du départ de l’installation des Thays, on a le sourire. «Ça prouve qu’on a bien fait de se battre, résume Armand Lugrin, nouveau responsable des remontées mécaniques. On a ouvert dès le 25 décembre. On a fait le plein, avec des gens de l’extérieur même, et on a carrément eu des files d’attente! Il n’y avait parfois pas d’assiette de libre.»

Jean-Marc Udriot préfère toutefois prévenir une euphorie trop précoce. «Les Fêtes représentent un quart du chiffre annuel et nous avons réussi cette première période clé. Mais la partie n’est pas gagnée pour autant. Les vacances de février, c’est près d’un tiers du chiffre de la saison. Il faut espérer faire aussi bien.»

 

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