De la friture sur la ligne à Ormont-Dessous
La syndique Gretel Ginier a surpris ses homologues municipaux en démissionnant avec effet immédiat sur fond de «tensions avec l’administration», invoque-t-elle. | DR
Une fois n’est pas coutume, la campagne électorale s’annonce animée à Ormont-Dessous en vue du premier tour du 8 mars. Après le dépôt de deux listes concurrentes pour le Conseil communal – une première pour la Commune – voilà que la syndique, annoncée candidate, a démissionné avec effet immédiat! Que se passe-t-il?
Commençons par l’épisode le plus inattendu. Au terme du délai du 12 janvier, Gretel Ginier, quinze ans de Municipalité dont dix comme syndique, s’était annoncée partante pour un nouveau mandat. Coup de tonnerre deux semaines plus tard: par voie de communiqué, elle annonce démissionner séance tenante.
En cause: des relations tendues «de longue date» avec un ou des membres de l’administration et une forme d’ingérence de cette dernière, explique-t-elle au téléphone sans détailler. Au point que la situation aurait dégénéré en «blocage institutionnel», ajoute-t-elle. Une tentative de conciliation par le préfet Nicolas Croci Torti ne l’a pas fait changer d’avis.
Dans la foulée, le reste de la Municipalité a dit regretter que la communication se soit faite «sans que les collaboratrices et collaborateurs aient été informés au préalable» et exprimé «sa pleine confiance à l’égard de l’ensemble du personnel communal».
Candidate quand même
Formellement, Gretel Ginier restera candidate au premier tour. Et si elle faisait un bon score? «J’aviserai le moment venu.»
Sa démission ne fait pas les affaires de la Commune. Non seulement ils n’étaient que quatre candidats pour cinq sièges municipaux à repourvoir, mais l’Exécutif actuel travaillera à trois jusqu’à fin juin, compte tenu de la démission en fin d’année dernière de Marcel Borloz. Vice-syndic, Rémy Fischer sera aux commandes.
Rétrospectivement, la démission de Marcel Borloz, connu pour être un proche de la syndique, est-elle en lien avec le contexte actuel? L’intéressé dément formellement. «J’ai simplement déménagé à Leysin, je ne pouvais donc plus siéger à Ormont-Dessous.»
Son avis n’en est pas moins tranché: «Le communiqué de la syndique traduit parfaitement le fond de ma pensée. Quand l’administration prend le pouvoir et se permet certaines paroles, cela ne joue pas. En tant qu’élu, on sait qu’on va prendre des coups, mais quand ça vient de l’intérieur, c’est encore plus pénible.»
Contactée, la cheffe de l’administration communale et secrétaire municipale Isabelle Mermod ne veut pas «rentrer dans la polémique» et dément «toute tension avec la Municipalité».
Elle renvoie à Rémy Fischer, qui dit regretter «un énorme gâchis». «Nous avons tous été surpris par les propos de la syndique. Certes, il peut y avoir des discussions animées, mais rien de dramatique. Nous aurions pu trouver un moyen de finir cette législature ensemble, d’autant que Gretel a fait un très bon travail toutes ces années.»
Si le municipal dit respecter le choix de sa collègue, il juge «sa décision hâtive et ne respectant pas la confiance mise en nous par notre population». «Par ailleurs, nous avons la chance de disposer d’une administration qui fonctionne très bien, et en aucun cas elle ne décide. Les décisions se prennent toujours autour de la table de la Municipalité.»
Vers davantage de débats?
Venons-en au Conseil communal. «Libre et Solidaire», c’est le nom de la liste de 23 noms qui sera concurrente à celle de l’Entente (20 candidats). «Notre motivation première est d’apporter un plus grand débat au sein du Conseil, explique Eric Ginier, à l’origine du mouvement et qui se dit très surpris par l’engouement généré, lui qui aspirait à réunir une dizaine de personnes.
Pour l’habitant de Cergnat et ancien conseiller communal, «tout est trop facilement ficelé aujourd’hui au Conseil. Les municipaux tiennent le couteau par le manche et sont appuyés par quelques conseillers très influents».
Quand on lui fait remarquer que les interpellations, motions et postulats sont rarissimes, alors même qu’il tient aux élus de faire entendre leurs voix en cas de désaccord, il admet un manque de verve au sein de l’hémicycle. «C’est pour cela que nous voulons amener d’autres idées et réflexions.»




