De l’eau «ultrapropre»

Gryon
Le projet de nouveau réservoir et de traitement par ultrafiltration arrive au terme de l’enquête publique. Les travaux à 4,6 millions sont prévus dès le printemps.

«Un gros bébé à près de 5 millions.» C’est ainsi que Grégoire Perrin qualifie affectueusement la future station de traitement des eaux de Sodoleuvre, dont l’enquête publique se termine ces jours. «On se trouvera au cœur de notre service des eaux, c’est par là que passe le 95% de notre or bleu et de là qu’il est redistribué vers nos concitoyens», ajoute le municipal chargé du dossier.
Le temps a fait son œuvre sur les installations actuelles. Plus encore, l’Office cantonal de la consommation a exigé une remise à niveau. La nouvelle installation des hauts de Gryon (4,597 millions de coût pour être précis, soit ceux votés par le Conseil communal en mai 2024) doit éviter à la Commune des pollutions comme celle, conséquente, survenue à l’été 2023. «Avec les changements climatiques, le terrain ne joue plus totalement son travail d’éponge et comme nous sommes en zone de pâturage, voilà… C’était heureusement une exception. Nos problèmes d’eau les plus réguliers sont liés à la turbidité de l’eau, soit, pour le dire simplement, des grains de sable en suspension.»
La nouvelle station traitera par «ultrafiltration». Les travaux de construction du bâtiment et la pose d’une conduite de 820 mètres débuteront ce printemps dès que la neige aura déserté le secteur en bordure de piste de ski, pour une mise en service à l’automne de la captation d’eau, puis, courant 2026, du système d’ultrafiltration (le traitement se fera par UV entre-deux). Le procédé évitera de recourir au chlore. Deux stations obsolètes et leurs canalisations à l’avenant pourront en outre être démontées.
En plus de l’argument de la qualité de l’eau, les nouveaux équipements permettront une valorisation plus facile des excédents d’eau, notamment sur Bex. «Non pas que nos voisins en aient réellement besoin, ils sont aussi bien pourvu en sources. Mais dans une perspective plus large, nous pourrions envisager d’en turbiner une partie», explique Grégoire Perrin. Musique d’avenir.