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Les intentions de Charles-Pascal Ghiringhelli de démolir deux bâtiments du quartier du Moulin-Neuf, dont le notable chablaisien est propriétaire, étaient connues. Il ne s’en était pas caché aux autorités au moment de signifier aux derniers locataires des lieux leur résiliation de bail pour fin 2024 (sauf deux du rez-de-chaussée ayant obtenu un régime particulier). La raison invoquée? Les adaptations demandées par l’ECA sur le plan sécuritaire et anti-incendie appelaient des investissements trop coûteux dans ces immeubles vétustes, qui ont notamment abrité un théâtre et un collectif d’artistes.
Dès lors, le propriétaire a fait sa demande pour une destruction totale l’été dernier, assortie d’une demande de dérogation. En effet, une «zone réservée de type B» régit le périmètre et interdit la démolition. «Le bâtiment a été classé dans le Plan directeur communal comme patrimoine industriel du XXe siècle et ne pourra donc pas être complètement démoli, même lorsque la zone réservée sera levée, ajoute le municipal des bâtiments et de la police des constructions, Fabrice Cottier. Raison pour laquelle nous avons préavisé négativement en août dernier et nous ne délivrerons pas le permis.»
En connaissance de cause, Charles-Pascal Ghiringhelli a tout de même déposé le dossier à l’enquête publique début novembre et celle-ci vient de s’achever. Elle a fait l’objet de quatre oppositions, selon le municipal. La section vaudoise de Patrimoine Suisse, Bernard Nicod, la Fédération des Architectes Suisses et un particulier, Jean-François Schnegg, par ailleurs conseiller communal Verts et ouverts.
Des élus soulagés
Ce dernier s’est d’ailleurs fendu d’une interpellation au Conseil communal de la semaine dernière au nom de son parti pour s’indigner d’une éventuelle démolition et connaître les intentions de la Municipalité. Au terme de la réponse de Fabrice Cottier, l’interpellateur s’est dit rassuré par la détermination de l’Exécutif à s’y opposer.
Pour Anne Croset (Entente aiglonne), seule la partie façade sur l’avenue de la Gare devrait être préservée, alors que la démolition du reste est à terme «une nécessité absolue». L’élue a aussi fait référence à une pétition du propriétaire qui circulerait et dont nous n’avons nulle confirmation.
Fabrice Cottier a encore précisé que le propriétaire sera en droit de recourir contre le refus de délivrer le permis. Est-ce son intention? Un projet immobilier existe-t-il en cas de démolition des bâtiments? Qu’en est-il de cette pétition, réelle ou non? À l’heure de mettre sous presse, Charles-Pascal Ghiringhelli n’avait pas pu répondre à nos questions envoyées en fin de semaine dernière.
