Depuis un an, à la Casa Nova comme à la maison

Raphaëlle Vuadens (en haut) et Leticia Frei sont au cœur d’une équipe qui a coordonné une centaine d’ateliers sur l’année 2024. Avec un budget annuel de 15’000 francs seulement.  | P. Genet

Monthey
Rassemblant la médiathèque, l’Office du tourisme et le Service de la culture de la ville, le tiers-lieu montheysan a rapidement trouvé ses marques. Et son public.

Les post-it de couleur sur le pilier central parlent d’eux-mêmes: «Grâce à votre établissement, j’ai pu faire mes devoirs, j’ai pu explorer vos livres fantastiques, j’ai aussi pu faire des belles activités. Grâce à vous, j’ai pu savoir combien c’était un plaisir de lire des livres.» «La Casa Nova est trop cool, j’adore la cabane et les sirops!» «Toute la famille l’adore! On vient chaque semaine chercher le calme ou satisfaire notre envie de connaissance, de culture ou de partage communautaire. Quelle chance, cet endroit à Monthey!» 

Un an après avoir ouvert sur un espace de quatre étages rassemblant la médiathèque, l’Office du tourisme et le Service de la culture de la ville de Monthey, la Casa Nova semble avoir pleinement réussi sa mission: être cette «maison nouvelle» où l’on peut tout à la fois venir lire le journal en buvant un café, emprunter des livres, réviser, acheter des billets de concert ou de théâtre, se renseigner sur les balades à faire dans le val d’Illiez, suivre une initiation de crochet, donner ou suivre un atelier sur l’informatique ou la cuisine libanaise. Interview de Raphaëlle Vuadens, responsable du lieu, et Leticia Frei, animatrice socio-culturelle.

Lire ces messages laissés par les gens fréquentant la Casa Nova, des élèves aux aînés en passant par les casanières et casaniers qui y ont tenu des ateliers, laisse penser que le but a été atteint…

Raphaëlle Vuadens: Oui, et même rapidement atteint. Les gens se sont approprié les lieux. On ne savait pas à quoi s’attendre, mais la Casa Nova a fait mouche très vite et les gens s’y sentent visiblement accueillis comme à la maison.  

Comment expliquez-vous cela ?

R.V.: On est passés de 20 heures d’ouverture hebdomadaires à la médiathèque à 58 heures à la Casa Nova. Ce n’est pas rien… Et puis notre programmation des animations et ateliers se fait de deux mois en deux mois pour laisser libre cours aux envies du moment. On a envie de ce côté spontané. 

Leticia Frei: Si on fait un programme sur un an, on n’a plus cet espace de liberté. Imaginez un jeune qui veut proposer un club de lecture et à qui on répondrait: «Oui, c’est possible… pour 2027.» Nous devons pouvoir garder une certaine spontanéité. 

Avez-vous eu des surprises durant cette année d’activité ?

R.V.: Dans une médiathèque, traditionnellement, les animations sont plutôt orientées enfants. Là, ce sont davantage des adultes qui ont proposé des activités pour des adultes. 

Cela a-t-il malgré tout permis la porosité des publics que vous disiez rechercher ?

R.V.: Oui. Souvent, les gens viennent pour emprunter des livres et repartent avec un flyer pour une autre activité, ou viennent chercher un billet pour le Théâtre du Crochetan et repartent intéressés par un atelier crochet… ou avec l’envie de proposer à leur tour quelque chose.

L.F.: Nous travaillons vraiment avec les envies des gens. Nous voulons également faire passer le message que la Casa Nova est aussi un lieu de visibilité pour les associations, qui peuvent venir proposer des animations et ainsi présenter leurs activités. Cela s’est fait, par exemple, via une collaboration entre Pro Senectute et l’ECCG (ndlr: École de commerce et de culture générale) dans le cadre d’un atelier de soutien numérique pour les seniors… qui était d’ailleurs complet.

Quelles envies avez-vous pour la suite ?

R.V.: On aimerait peut-être aller dans les écoles, vers les jeunes, pour leur dire qu’on peut avoir 10 ans et être un casanier d’un après-midi. Les jeunes peuvent avoir une passion et venir la partager. Je suis certaine qu’ils sont nombreux à avoir envie de proposer. Ils sont pleins de ressources!

L.F.: Ce côté «laboratoire créatif», c’est vraiment l’image que l’on aimerait donner de la Casa Nova. Le bonheur sur le visage des gens quand ils ont pu faire leur animation, leur atelier, de A à Z, pour nous, c’est émouvant. 

casanovamonthey.ch