Des comédiens mettent nos politiques sur le grill

Jean-Paul Favre, Marie Fontannaz et Antonio Troilo campent dans «Emmerdements» des politiciens en mauvaise posture.  | LDD

Pully
Nouvelle création truculente du metteur en scène Matthias Urban, «Emmerdements» est à découvrir à L’Octogone dès le 28 février. Une farce politique mordante.

Une maladresse. Une bévue. Un impair. Si ce n’est que cette petite gaffe provoque un raz-de-marée dans le comité directeur d’un grand parti de notre pays. Sa brillante dirigeante Simone de Ribaupierre, interprétée par la comédienne Isabelle Caillat, a fait des bêtises. Voilà la formation rattrapée par les emmerdements à l’heure de soumettre un grand projet au peuple. Débarque alors un spécialiste de gestion de crise pour tenter de rattraper la situation. 

C’est dans ce contexte que débute «Emmerdements», une farce politique signée Matthias Urban et Antoine Jaccoud. Un titre qui fait déjà sourire, et c’est bien le but. Car dans une époque devenue de plus en plus exigeante et intolérante, la faute a valeur d’absolu. Tout est bon à prendre pour se déculpabiliser. Une fable satirique pour s’amuser de nos contradictions contemporaines. «Notre pièce de théâtre est relatée tous les jours dans les journaux», s’amuse le metteur en scène.

Faire preuve d’autodérision

Écrite par Antoine Jaccoud, cette pièce est interprétée par six comédiens. Une conseillère d’État, entourée de membres du comité directeur de son parti, tente d’éviter l’opprobre publique. «Si nous nous moquons des politiciens, c’est aussi une façon de rire de nous-mêmes, car la politique, c’est aussi l’expression de toute une société», ajoute le metteur en scène. 

Dans cette création, le ton oscille entre la satire et le lyrisme. D’un côté, une formation politique qui veut défendre coûte que coûte le projet d’écoquartier «Mayo City». De l’autre, un quatuor a cappella. 

«Je trouve intéressant de confronter la beauté et la pureté des voix face à la trivialité et la bassesse humaines, révèle Matthias Urban. Cette pièce interroge avec humour l’irréprochabilité que l’on exige aujourd’hui de tout un chacun, et de nos élus en particulier. Or, les individus sont faillibles. Donc perfectibles.»

www.theatre-octogone.ch/evenement/emmerdements/
«Emmerdements», du 28 février au 1er mars à L’Octogone de Pully, et du 28 au 30 mars au Théâtre Nuithonie (Villars-sur-Glâne).

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