Des «pirates» à l’abordage des ondes

DOSE FM a réalisé sa première émission le 1er janvier et continue d’émettre sur les ondes, en espérant varier ses programmes.  | S. Mandoudi

Vevey
Créations sonores, transmissions de concerts et expérimentations radiophoniques: depuis le 1er janvier, DOSE FM diffuse un contenu libre. Découverte.

Leur premier direct? C’était le 1er janvier 2026, à minuit pile. Soit un an après l’arrêt sur bande FM de la radio nationale suisse et le passage au DAB+. Laura Nait et Matthew Franklin décident de fêter le passage à la nouvelle année en reprenant les ondes. Ils créent alors DOSE FM.

«C’était l’occasion de célébrer cette disparition de la FM et de lancer notre propre radio», retrace Laura Nait. Une première ambitieuse: 4h23 d’émission, depuis le café-bar Le Céleste. Une prise d’antenne en direct, entrelacée de chroniques, de DJ set et d’interviews. Depuis, DOSE FM diffuse tant des expérimentations musicales que des retransmissions mensuelles de concerts de la région.

En résumé: pas de réécoute sur la fréquence. Mais les deux associés se sont rendu compte que l’écoute à l’aveugle était un facteur perturbant pour leur audience. «Nous avons donc créé une grille de programmation sur notre site», confirme Laura.

Esprit frondeur

Une radio libre, donc. À l’instar de «Radio Caroline» – ça vous dit quelque chose? De 1964 à 1990, cette radio pirate britannique émettait depuis un bateau au large du Royaume-Uni des programmes de musiques anglo-saxonnes, sur diverses fréquences. Une émission stratégique depuis les eaux internationales, afin de contourner le monopole d’État sur les radios. Une histoire qui a inspiré le film «Good Morning England», réalisé par Richard Curtis il y a 17 ans.

Même si Laura et Matthew apprécient le terme de «pirate» pour l’esprit de révolte sous-jacent, le duo à la barre de DOSE FM revendique plutôt «des moments d’écoute choisie». Objectif: sortir d’un schéma de programmes «à la demande». «Nous voulons émettre comme à l’ancienne, explique le Veveysan. Nous reprenons donc les codes de la radio FM traditionnelle, mais avec des moyens actuels.»

Désenclaver la radio

Quelques mois avant leur prise d’antenne, Matthew Franklin se procure un émetteur à portée limitée, mais il apprend aussi à coder, afin de créer le pendant numérique de DOSE FM. «L’écoute sur les ondes est davantage symbolique, précise Matthew. Les gens nous suivent surtout depuis le site Internet.»

Cette webradio propose aujourd’hui des paysages sonores, concerts de la région en direct, et autres expérimentations musicales. «Nous aimerions permettre à une audience d’accéder à la scène locale et se sentir dans l’ambiance», glisse Matthew. Seule condition: DOSE FM diffuse des créations originales. «Des contenus avec voix vont arriver sous peu, avec de la lecture à voix haute et des interviews notamment, précise Laura Nait, Veveysanne d’adoption. Nous voulons désenclaver la radio. Tout le monde a quelque chose à dire, il suffit d’avoir envie.»

Plus d’infos:

www.dosefm.ch

Prochaine retransmission en direct d’un concert au RKC sur DOSE FM le 8 mai.

Que dit la loi suisse ?

Sous nos latitudes, les programmes radiophoniques sont régis par la Loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV). Une distinction est établie entre les radios avec ou sans concession – c’est-à-dire des stations qui reçoivent ou non une partie de la redevance. «Les radios sans concession ont l’obligation de s’annoncer auprès de l’Office fédéral de la communication (OFCOM), précise la responsable communication Silvia Canova. À moins qu’il ne s’agisse d’offres de faible portée médiatique, ne pouvant être captées simultanément par moins de 1’000 récepteurs.» C’est justement le cas de DOSE FM, pour l’instant.