
Selon Eric Rabl et Jean Rausis, «le marché récompense les bonnes idées». Leur objectif est de devenir l’un des leaders du marché de la cryptomonnaie dans quelques années. | DR
Les deux amis sont à la tête d’une PME qui a plus de 100 millions de dollars de capitalisation de marché. Le magazine économique Bilan le relevait dernièrement. À 32 et 38 ans, ils gèrent une entité qui traite quotidiennement un million de dollars de transactions. Jean Rausis détaille son fonctionnement.
Comment est né SmarDex?
– Nous avons créé l’entreprise en 2019 après deux ans de recherches et d’études intensives. L’impulsion est venue d’une simple observation concernant la bulle spéculative sur les cryptos en 2017-2018. C’était un peu comme Internet au début des années 2000, avec cette grosse bulle où tout et n’importe quoi a été surévalué, et les choses se sont ensuite clarifiées. Dans les cryptomonnaies, c’est exactement pareil. Avec mon associé, nous sommes très fans de tout ce qui est algorithmique et nous étions il y a 6 ans plutôt dans le trading traditionnel. Cette bulle de la crypto a été tellement massive que nous nous sommes dit qu’elle ne pouvait exister que s’il y avait un vrai potentiel… S’il y avait autant d’argent injecté, c’est qu’il y avait des gens qui voyaient quelque chose qui était là.
Cela méritait qu’on s’y intéresse. Dans ce monde qui s’horizontalise de plus en plus, on peut s’attendre à ce que le marché des cryptos arrive à maturité d’ici à une dizaine d’années.
Combien êtes-vous aujourd’hui?
– À ce jour, nous sommes plus d’une trentaine. La croissance est assez folle. Nous cherchons, avec peine, des profils pointus et spécifiques et nous serons bientôt une cinquantaine. Mais nous allons devoir trouver un espace plus grand pour notre plateau technique. On fait partie actuellement des 300 plus gros projets au monde en termes de capitalisation.
En tant qu’acteurs de la finance décentralisée, que proposez-vous comme services?
– SmarDex offre une solution pour faciliter l’échange des cryptos entre pairs. Jusqu’à maintenant, on avait besoin de tiers de confiance pour valider nos transactions avec quelqu’un, un banquier par exemple. Les institutions bancaires ont tendance à facturer des sommes parfois considérables pour des transactions, avec des pourcentages de commission élevés. De plus, le système centralisé traditionnel a tendance a être lent avec des transactions qui peuvent prendre plusieurs jours. L’idée est de s’affranchir de ces institutions en créant ce qu’on appelle des contrats intelligents qui permettent aux gens d’interagir directement les uns avec les autres. Le but des cryptos, c’est de supprimer les acteurs de confiance, et la technologie de la blockchain permet de décentraliser complètement ça. C’est extrêmement performant et pas cher. Et comme c’est cryptographique, il y a un degré de sécurité supérieur à ce qu’on avait avant, car il n’y a aucun moyen de pirater le système.
Qui peut utiliser SmarDex?
– Toute personne qui veut échanger aujourd’hui des crypto-actifs, ou des actifs même financiers sur Internet, peut le faire sur notre plateforme. Les gens peuvent aussi utiliser SmarDex pour faire travailler leurs liquidités. Et si vous avez envie d’échanger des bitcoins contre des dollars, plutôt que de vous contacter et de vous dire: «Je t’envoie des bitcoins, tu m’envoies des dollars», vous me dites: «J’ai une boîte dans laquelle il y a des bitcoins et des dollars.» Et si vous avez juste des actifs que vous ne voulez pas échanger, mais simplement faire travailler, vous allez automatiquement laisser d’autres personnes qui utilisent les contrats intelligents utiliser vos liquidités. C’est-à-dire qu’on peut avoir des «smart contracts» qui s’occupent de faire tout ce que ces métiers effectuent, tout seuls, de manière automatique. Quelques secondes suffisent pour une transaction. Quand vous venez vous servir dans le coffre, il y a juste une petite commission prélevée par les «liquidity providers» qui peut être de l’ordre de 0.1-0.2%.
Avez-vous d’autres projets à l’avenir?
– Notre objectif est de proposer d’autres produits qui vont s’intégrer à notre écosystème de manière systémique. L’idée est de mettre en place une plateforme unique où l’on pourra avoir accès à une large panoplie permettant de réaliser toutes sortes d’opérations financières qui sont jusqu’à présent proposées par les grands leaders centralisés. Par exemple, nous développons un dollar synthétique, un produit qui vaudra toujours un dollar, quoiqu’il se passe, qui n’a besoin de faire confiance à personne, sans banque derrière qui peut faire faillite. Rien ne pourrait se passer qui ferait décorréler le produit de la valeur d’un dollar. Au lieu d’avoir une monnaie qui se dévalue avec le temps, vous contrez l’inflation et vous faites un bénéfice, ce qui est doublement révolutionnaire. C’est une grosse nouveauté, on est les premiers à avoir eu cette idée-là.
Vous êtes installés à Montreux pour une raison particulière?
– On était déjà à Montreux avant le lancement de l’entreprise, c’était donc plus simple de rester ici. On pourrait être à Genève ou n’importe où ailleurs, mais on est bien ici. Le cadre est chouette, on travaille en présentiel et on se tient les coudes. On aime bien faire des petites soirées entreprise pendant le Montreux Jazz ou le Marché de Noël.
