
Les soeurs Lynn et Mila Vollenweider sont toutes les deux espoirs suisses en patinage sur glace. | DR
Le jour se lève à peine sur le val d’Illiez, mais Lynn (15 ans) et sa sœur Mila (13 ans), s’entraînent déjà depuis 7h30 à la patinoire de Champéry sous la houlette de Stéphane Lambiel, le médaillé d’argent des JO de Turin en 2006. Sa prestigieuse école, la Skating School of Switzerland, accueille chaque année une vingtaine de patineurs de Suisse, mais aussi du monde entier. Double champion du monde en 2022 et 2023, le Japonais Shōma Uno y a par exemple passé plusieurs saisons.
Citoyennes du Bouveret aujourd’hui, Lynn et Mila figurent parmi les espoirs du patinage suisse. Douzième en ce moment au ranking de sa classe d’âge, Mila, la cadette, participera en cette fin de semaine aux Championnats nationaux U14 à Adelboden en affichant clairement ses ambitions. «Je vise au moins un top ten!», lance-t-elle, avec un bel aplomb. Des deux sœurs, elle est la plus extravertie. On lui demande ce qu’elle aime tant dans le patinage, et la réponse claque: «Faire des sauts à pleine vitesse.» Son papa Cédric révèle également un trait de personnalité de sa fille. «Elle aime divertir, faire rire les juges.»
Chez Lynn, l’aînée, le calme apparent cache une détermination sans faille. Après avoir remporté plusieurs Swiss Cup en individuel, elle a choisi de passer à la danse sur glace, son rêve depuis longtemps. «Déjà petite, j’aimais danser dans cette discipline. On patine plus librement sans la contrainte des sauts.» Début mars, elle quittera Champéry pour Paris où elle s’entraînera avec le chorégraphe Stanislas Etzol, à Bercy. Elle a déjà un partenaire potentiel, mais sans la certitude de former un couple sur la glace avec lui. «En danse, il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes et ce sont eux qui ont le choix. Et parfois ils sont capricieux…», sourit Lynn. Le site «Ice partner search», facilite la recherche d’un alter ego correspondant à son niveau et à son physique. «L’esthétique et l’harmonie sont importantes. Dans l’idéal, l’homme doit faire environ 10 centimètres et 10 kilos de plus que sa partenaire», détaille encore la Bouveroude. Récemment, la patineuse a pu danser à Champéry avec le Français Guillaume Cizeron, champion olympique à Pékin en 2022, et ami de Stéphane Lambiel.
Un investissement total
L’attrait des deux sœurs pour la glace est apparu assez tôt. Alors que la famille vivait à Rolle, Lynn accompagnait une amie patineuse sur la glace de Morges. «J’ai essayé a 5 ans et demi et j’ai accroché tout de suite.» «Sa petite sœur courait dans les gradins de la patinoire quand Lynn s’entraînait, et elle s’y est vite mise elle aussi, ajoute le papa. Très complices, il n’y a jamais eu de compétition entre elles.»
Les parents ont tous deux été des athlètes de bon niveau, lui en judo, elle en ski. «Le sport a toujours fait partie de l’ADN de la famille, mais nous n’avons aucune compétence en patinage, précise Cédric. Nous avons soutenu nos filles sans jamais les pousser. Notre seule priorité est qu’elles soient bien dans leurs têtes.»
Voilà six ans que Lynn et Mila Vollenweider patinent sous la direction de Stéphane Lambiel, «un homme délicat, sensible, bienveillant et très proche de ses athlètes». «En plus de la technique, il est très gentil», appuie Mila.
Au programme: six jours d’entraînement sur sept, dont trois fois à l’aube. Deux séances les attendent le mardi et le jeudi, matin et fin d’après-midi. Pour éviter trop de déplacements, la famille loue un petit studio sur place et c’est la maman qui s’occupe de tout.
Cet investissement n’empêche pas Mila de suivre une scolarité normale à Vouvry, même si elle rate environ 30% des cours. «Dès qu’elle a un moment de libre, elle rattrape», glisse le papa. Collégienne à Saint-Maurice, Lynn poursuivra sa matu par correspondance depuis Paris.
Alors qu’elles partagent tout sur la glace depuis une dizaine d’années, n’ont-elles pas peur de leur prochaine séparation? «Je suis triste, mais contente pour Lynn», assure Mila. De son côté, l’aînée a hâte de démarrer sa nouvelle aventure parisienne. «Je ressens plus d’excitation que de stress. Cette expérience va me faire grandir, en dehors de la glace aussi.» Et elle ne se fait aucun souci pour Mila. «Ma petite sœur est très déterminée!»
