Deux talents béninois en stage à Montreux

Abraham et Damien ne jouent au rink hockey que depuis quatre ans, mais rivalisent déjà avec les meilleurs.  | Nathan Giroud

Rink hockey
Des jeunes talents internationaux ont participé la semaine dernière au camp du club de la Riviera dont deux espoirs de ce pays africain.

Chaque été, depuis six ans, le Montreux Hockey Club organise un camp d’entraînement d’une semaine réunissant des espoirs de ce sport. «Il est toujours axé sur le très haut niveau», relève Bruno Fananas, le responsable et entraîneur de l’équipe première du club. La semaine dernière, des internationaux juniors suisses, français et anglais y ont participé, mais aussi, et c’était une première, deux jeunes venus du Bénin, ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, Abraham (14 ans) et Damien (16 ans). Ils étaient accompagnés par leur coach Kouokam Kamtchueng, ancien joueur pro en France et qui dirige à Cotonou, la capitale économique du pays, le Centre communautaire Eya, où des jeunes de milieu modeste peuvent, entre autres, pratiquer ce sport.

On retrouve tout ce petit monde vendredi matin, dernier jour du stage, lors de l’échauffement au bord du lac à côté de la salle du Pierrier dans un cadre idyllique. Entre exercices d’assouplissement et séries de sprint, c’est très intense. Le déplacement de Damien et Abraham a été pris en charge par le Ministère des sports du Bénin, mais autrement, comme pour les autres, le Hockey Club Montreux s’occupe de tout, les ados sont hébergés dans des familles du club. 

Chez eux, Abraham et Damien parlent le fon, le dialecte du pays, mais ils se débrouillent en français. À la pause, on leur demande ce qui leur a plu dans ce stage. Tout frêles, tout timides, ils répondent en quelques mots, mais avec un grand sourire. «C’était très poussé, raconte Damien. Plus petit, je faisais du foot avec des copains dans la rue, puis j’ai découvert le rink hockey sur YouTube». Et Abraham, le cadet, d’enchaîner. «Ces jours, j’ai progressé en défense.» Et qu’est-ce qui les a frappés dans cette région méconnue pour eux? «Les montagnes, beaucoup plus hautes que chez nous. J’ai aussi pu me baigner au lac», rigole Abraham. Et Damien d’ajouter: «C’est beau chez vous, mais tout est très cher.» 

La veille, ils sont allés se balader en ville. Devant une vitrine d’une agence immobilière, Damien a demandé à son coach le prix d’un chalet. «Environ un milliard et demi de francs CFA (la monnaie locale)», lui a-t-il répondu. Stupéfaction de Damien. «Avec ça, on vit toute une vie chez nous.»

Montreux, ville de rink hockey

À Cotonou, une ville d’un million d’habitants, le Centre Eya, dirigé par Kouokam Kamtchueng, a été créé voilà quatre ans par un homme d’affaires du pays. Les enfants peuvent y apprendre la musique, écouter des concerts et pratiquer différents sports, le basket et le rink hockey notamment. «80 jeunes y jouent aujourd’hui chez nous, relève le coach, on s’entraîne en plein air, au bord de la mer. Comme notre projet est désormais bien connu, certaines de nos équipes ont déjà été invitées en Espagne, en France.» 

Bruno Fananas a été impressionné par le niveau d’Abraham et de Damien. «Ils ont pu rivaliser avec les autres alors qu’ils ne jouent que depuis 4 ans, c’est exceptionnel. Toute la semaine, je les ai sentis très investis.»

Si ce stage a autant de succès, c’est que le Montreux Hockey Club, fondé en 1911 et organisateur de la prestigieuse Coupe des Nations, reste l’un des plus connus sur le plan international. «Montreux en rink hockey fait partie de l’histoire, un peu comme Liverpool en foot», se réjouit Bruno Fananas. Nul doute que Abraham et Damien ont eu plein de choses à raconter à Cotonou.

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