émoi sur la route de Sonloup
Capturée par la caméra embarquée d’un véhicule, cette image témoigne des risques pris par l’individu en rollers, qui a évité de justesse une collision en plein virage. | DR
«Un fou comme ça, je n’en avais jamais vu!» Cet habitant des Avants se remet à peine des frayeurs vécues durant le dernier week-end d’avril. Alors qu’il était au volant de sa voiture sur la route de Sonloup, un individu en rollers a brusquement jailli sur le bitume. Et ce, à plusieurs reprises. «La première fois, il m’a dépassé. Et la deuxième fois, alors que je montais, il a failli me rentrer dedans!»
Les vidéos qu’il a capturées grâce à la caméra embarquée de son véhicule parlent d’elles-mêmes. On y voit d’abord l’homme à roulettes descendre devant lui à une vitesse folle, sans faire cas des virages en épingle et du cédez-le-passage situé au bas de la route. Si rapide que notre témoin a de la peine à le suivre. Dans un second extrait, le patineur surgit d’un virage et le frôle de très près. «Le facteur a aussi failli se faire percuter», affirme-t-il. «On a essayé de lui dire quelque chose, mais il nous a envoyés nous faire f… !»
Si ce villageois dit voir quelquefois des «riders» profiter de ce tronçon, ils sont selon lui habituellement prudents et «envoient un véhicule devant eux» en éclaireur. Tout le contraire des comportements dénoncés ici.
En plus du risque de provoquer un accident, c’est aussi l’image du Bukolik Festival qui peut être écornée. Durant ce rendez-vous annuel, cet itinéraire de 2,5 km devient le paradis des rollers, skates, luges ou longboards, qui profitent du funiculaire pour multiplier les «runs». «Ça fait plus de 20 ans que c’est organisé sans problème, souligne-t-il. Un gars comme ça peut tout foutre en l’air. Les gens font vite l’amalgame.»
Frôler les voitures, une mode
Un potentiel dégât d’image que les organisateurs du Bukolik ont d’ailleurs pris très au sérieux. Une fois alertés, ils ont contacté l’intéressé. «On voyait de qui il s’agissait. C’est un type de la région lausannoise», précise Luca Salvadore, président d’Orgiride, entité qui chapeaute la manifestation. «On lui a dit que ça nuisait à notre réputation. Nous, on organise un événement et on sécurise la route exprès pour ça. Ce que lui fait tout seul dans son coin impacte notre image.» Comment l’interpellé a-t-il réagi cette fois? «Il s’est excusé.»
Même s’il n’est pas lié au Bukolik, ce descendeur sauvage s’entraînait-il pour la prochaine édition, qui aura lieu du 7 au 9 août? «Non, je ne pense pas, répond le patron de la manifestation. Ces temps, c’est à la mode de descendre des routes et de frôler les voitures… Je peux comprendre l’adrénaline, surtout que cet itinéraire est magnifique et connu pour ça. Et il vient d’être refait. Mais rouler seul sur un tronçon ouvert, c’est dangereux. Les gars qui s’entraînent à un niveau pro ou semi-pro placent toujours une voiture devant, voire derrière, et utilisent parfois des talkies-walkies.»




