«En Suisse, la montagne est au cœur de tout»

C’est en voisin que l’ancien patron du service public tiendra les rênes du FIFAD puisqu’il vit désormais à La Comballaz. | P. Martin – 24 heures

FIFAD
Gilles Marchand est le nouveau président du Festival international du film alpin des Diablerets. Installé aux Ormonts, l’ancien directeur de la SSR succède à Olivier Français.

La montagne, il y vit désormais. Quant à l’audiovisuel, c’est en œuvrant un quart de siècle dans ce domaine qu’il s’est fait un nom et un visage bien connu en Suisse romande.
Que Gilles Marchand reprenne la présidence du Festival international du film alpin des Diablerets (FIFAD) tient presque de l’évidence. L’ancien patron de la RTS, puis de la SSR, a été élu vendredi dernier par l’assemblée générale de la manifestation, succédant ainsi à Olivier Français.
«C’est un festival que je connais bien pour l’accompagner depuis longtemps comme partenaire», amorce le nouveau chef de cordée du FIFAD, pour qui la montagne est une «thématique importante, qui ne se résume pas à l’exploit et à la verticalité». «Elle est liée à de nombreux thèmes de société, comme la poussée démographique ou le changement climatique dont il est important de parler», souligne le tout frais directeur de l’«Initiative média et philanthropie» à l’Université de Genève.

Peau de phoque à La Lécherette
À 63 ans, ce sociologue de formation a d’ailleurs choisi de se rapprocher des sommets puisqu’il réside à quelque 1’400 mètres d’altitude, sur le territoire d’Ormont-Dessous. «Après avoir vécu dans plein d’endroits différents, je me suis installé à La Comballaz», précise celui qui dit également «connaître les Diablerets depuis toujours». Un cadre qui lui permet de pratiquer la peau de phoque au-dessus des Mosses, tout en n’étant jamais très loin de l’offre culturelle des villes. «La gare d’Aigle n’est qu’à 20 minutes», souligne Gilles Marchand.
En reprenant la tête du rendez-vous cinématographique, le nouveau président ne prévoit pas de le réorienter, mais de le développer. «Je tiens déjà à saluer le travail énorme d’Olivier Français, qui pendant dix ans l’a structuré et donné une assise. Aujourd’hui, le festival fait une incursion hivernale à Villars, et cela pourrait encore être développé dans les Alpes vaudoises.» Comme autant de relais qui, selon lui, permettraient d’élargir la vitrine de la manifestation.
Une aspiration qui rejoint d’ailleurs celle de son prédécesseur. «Le FIFAD ne peut pas rester statique, il doit sortir des murs», formule Olivier Français. À l’heure du bilan, l’ancien conseiller aux États de 69 ans salue le travail d’une «équipe stable» et ne cache pas sa satisfaction d’avoir «séparé le côté artistique et le côté opérationnel». Une structure qui, selon lui, garantit la pérennité de cette manifestation qui proposera sa 56e édition du 2 au 9 août prochains, toujours sous la houlette artistique de Benoît Aymon et la direction opérationnelle de Solveig Sautier.

Pas assez de soutien public
Seule ombre au tableau relevée par Olivier Français: le manque de soutien de la part des collectivités. «Nous avons de généreux donateurs, le niveau qualitatif est élevé, et malgré tout, le FIFAD reçoit très peu d’aides publiques», déplore le président sortant, qui dit avoir tenté d’obtenir l’aide fédérale dont bénéficient d’autres grands festivals helvétiques, jusqu’à présent sans succès. «Je ne comprends pas cette non reconnaissance. Ce d’autant que nous avons continué à fonctionner pendant le Covid avec tous les risques financiers que cela comportait.» Octroyées tous les quatre ans, les prochaines subventions seront décernées en 2026.
Mais la reconnaissance du public, elle, est bien là. L’an dernier, quelque 15’000 personnes ont répondu présent durant huit jours, soit un record d’affluence pour le FIFAD. Un succès que Gilles Marchand explique par la programmation. Mais aussi par la place importante que la montagne occupe dans notre pays. «Elle est au cœur de tout. Tous les Suisses ont une relation à la montagne, qu’elle soit sportive, festive ou contemplative.»