Entre Aigle et Cuba, Bastoun chante un monde en couleurs

L’Aiglon Bastoun sort son 4e opus, «L’arbre des couleurs». Le titre éponyme est devenu l’hymne de la Fête des Couleurs. | K. Di Matteo

Musique
Parmi les cinq titres de son nouvel EP, l’Aiglon propose deux nouveautés, dont une est l’hymne de la Fête des Couleurs, un événement qui lui est cher.

Sébastien Wolfensberger, alias Bastoun, est plus que jamais un ambassadeur d’Aigle avec la sortie de son EP «L’arbre des couleurs». Le nom du mini-album, qui est aussi celui de l’un des cinq titres réunis pour ce quatrième opus (en attendant un single en novembre), évoque la Fête des Couleurs, l’événement multiculturel de l’été dans le quartier de la Planchette, et dont il est le parrain.

Bastoun, pour cet EP, vous collaborez avec une pointure internationale, la chanteuse et violoniste cubano-suisse Yilian Cañizares, qui est votre productrice artistique. Racontez-nous la genèse de cette aventure.
– Je la connais depuis longtemps. Elle m’avait conseillé quand j’étais parti en 2012 à Cuba, où j’avais écrit mon premier EP, «Caramelo». C’était le début de mon parcours en tant que Bastoun. Elle bosse avec des références du jazz et je l’ai contactée il y a deux ans pour voir si elle était intéressée par un coaching de résidence, deux jours au Rocking Chair, à Vevey. Nous nous sommes tellement bien entendus que nous avons poursuivi une collaboration artistique. J’ai écrit les chansons et elle a choisi les meilleures, m’a conseillé, a trouvé les musiciens, géré toute la phase en studio. J’ai proposé un diamant brut, elle l’a poli pour que le potentiel de chaque chanson soit au maximum.

Et pourquoi cela a-t-il pris deux ans?
– Au-delà du fait que j’ai un emploi et deux enfants, Yilian est très exigeante. Elle m’a sorti de ma zone de confort. Sur la première série de chansons que je lui ai proposées, elle n’en a gardé qu’une, «En fleur». Elle m’a poussé dans mes retranchements, avec respect et bienveillance.

Une expérience enrichissante, à vous entendre?
– J’ai appris beaucoup sur moi-même et sur sa façon de travailler. J’ai par ailleurs pu collaborer avec des musiciens incroyables, comme Yannick Nanette, un membre de The Two (banjo-guitare), le jazzman romand Guy Michel (tuba), et d’autres artistes internationaux qu’Yilian m’a présentés: le Cubain Inor Sotolongo, percussionniste de Pascal Obispo, ou Carlos Sarduy (buggle). Yilian joue aussi sur plusieurs morceaux. Chacun a enregistré sa partie de son côté, à Territet (chez Alzac Studio), Barcelone, Madrid, Cuba, le tout mixé à Barcelone, au Vertigo Studio.

Un projet du monde en somme, comme votre musique?
– Totalement. C’est un projet aussi local qu’international. Universel, même, aux influences de Cuba, d’Afrique, d’Ile Maurice et de Suisse. Multiculturel, riche en couleurs.

À l’image de l’Association AMIS, qui organise la Fête des Couleurs?
– Effectivement. J’en suis le parrain, j’y ai participé quatre fois et nous collaborons sur des projets. Pour preuve de notre connexion, quand j’ai choisi le nom «L’arbre des couleurs», je ne savais pas qu’il y en aurait un sur leur affiche! On le retrouve sur la pochette de mon EP. Pour le texte, je me suis inspiré des ateliers d’écriture qu’organise l’association.

Vous avez également mis un clip en ligne.
– Oui, il est visible sur YouTube. Je voulais que des gens de l’association participent, avec des enfants et des femmes de l’atelier de percussions. Nous avons capté les images lors de la dernière Fête des Couleurs, pour l’ambiance live. Le but est que ce titre voyage, partage ses couleurs et ses valeurs rassembleuses, montre ce que AMIS réalise. Ils étaient impatients que ça sorte! J’aimerais aussi, pourquoi pas, travailler avec les écoles d’Aigle. Cet EP, c’est le projet le plus abouti de ma carrière. J’espère qu’il me servira de tremplin.

«L’arbre des couleurs», disponible sur les plateformes de streaming ou à partir du site www.bastoun.ch.
Prochains concerts: 12 et 13 décembre à la salle de l’Esprit Frappeur à Lutry.

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