
Le Genevois Kylian Santschy a réalisé le meilleur chrono de la journée en 21,89 secondes. | E. Di Lello
Sur le terrain qui jouxte le siège de l’Union cycliste internationale (UCI), une odeur de grillades émane d’une tente noire. Il est presque midi lorsque les derniers «riders» sortent les uns après les autres du pumptrack, ce tracé fermé et goudronné en forme de «U» inauguré il y a trois ans à deux pas du Centre Mondial du Cyclisme.
Alors que la séance d’entraînement matinale touche à sa fin et que la pause saucisses s’amorce, le coordinateur Thierry Favre s’assure que tout se profile bien en vue de la première session qualificative de l’après-midi.
«Lorsque l’on a imaginé le Pump Track Trophy en 2020, l’un des buts premiers était de faire découvrir les différentes pistes que l’on a en Romandie et plus particulièrement en Valais, détaille celui qui est également président de l’Illiez Bike Club. L’objectif de cette compétition était aussi de réunir les jeunes autour d’une nouvelle discipline, avec certains coureurs qui viennent du VTT et d’autres du BMX-race.»
Si ce dernier a fait son entrée aux JO en 2008, le pumptrack connaît un essor plus récent. Sa force? Il réunit toutes les bases du cyclisme, selon le vice-président du club organisateur, David Arienti. «De nombreux champions de cyclisme ont commencé par le pumptrack et il n’y a rien de mieux pour initier les enfants aux deux-roues. Ce sport enseigne toutes les habiletés requises pour pouvoir ensuite se lancer dans d’autres pratiques.»
Un partage entre générations
Assis sur un coin d’herbe, trois jeunes se prélassent sous le soleil en attendant le début des qualifications à 13h. Accompagné de son copain Jules et de sa petite-amie Élodie, Florian a profité des inscriptions libres pour tenter sa chance dans une discipline qui n’est initialement pas la sienne. «Avec Jules, on est issus du vélo de descente, mais ça fait plusieurs années que l’on s’entraîne en pumptrack. J’aime bien l’ambiance de camaraderie qui règne dans ces courses, tout en essayant d’être le plus rapide possible», sourit celui qui concourra en catégorie U19.
Pour Élodie, championne de skicross, le Pump Track Trophy représente son tout premier défi en selle. «Je retrouve pas mal de similitudes avec mon sport, puisque l’on arpente aussi des pistes avec des bosses et des virages serrés. Normalement, l’été je m’exerce en rollers, mais ces deux dernières semaines, je me suis entraînée à vélo, juste pour l’occasion», explique-t-elle sous le regard de ses grands-parents, venus exprès des Giettes pour les accompagner elle et sa petite sœur Morgane.
Un peu plus loin, une autre famille entrera en piste tout à l’heure. Fabrice Tirefort et son fils Darren concourront pour la première fois ensemble respectivement dans les catégories Master et U9. «J’ai longtemps fait du BMX étant plus jeune, avec presque dix ans de compétition à haut niveau, mais le pumptrack est un formidable exercice de cardio et de musculation, explique Trifon, célébrité du cyclisme local. Cette course se déroule toujours dans une ambiance magnifique et on en profite pour être en famille.»
Finales disputées
Alors que les séances qualificatives ont été réduites à deux par manque de temps, les candidats venus de toute la Suisse romande paraissent léviter sur la piste. Pour compter parmi les trois finalistes et espérer décrocher le titre de champion cantonal et romand chez les jeunes, seul le meilleur des deux chronos personnels est pris en compte.
Si dans certaines catégories, les coureurs avaient leur place en finale assurée au vu du peu de monde inscrit, d’autres catégories comme les U13 et les U19 masculins ont été particulièrement disputées.
Originaire de Plan-les-Ouates, Kylian Santschy établit finalement le temps de référence de la journée, avec son tour en seulement 21,89 secondes au cours de la finale U19. «Je m’entraîne beaucoup pour la compétition et vu que je fais du BMX-race comme sport principal, j’ai déjà de bonnes bases. C’est la troisième fois que je participe à cet évènement et je reviendrai défendre mon titre l’année prochaine!» Avant cela, rendez-vous le 9 août prochain à Bellwald pour la prochaine étape.
