Vers des élections électriques

| K. Di Matteo

Elections communales
Le premier tour des communales approche à grands pas. Après une première série la semaine dernière, nous vous présentons les enjeux des dernières Communes du Chablais avec quelques beaux bras de fer en perspective. À Aigle, le duo Entente-UDC semble l’ennemi à abattre, tandis qu’à Villeneuve, le PLR est sous pression avec des ambitions affichées de la part de ses adversaires. Plusieurs autres Municipalités vont passablement changer de visage. Tour d’horizon.

Aigle: Une campagne sous tension

Les stratégies de partis en vue du premier tour du 8 mars sont le reflet des tensions qui ont marqué cette législature. Plus que tout autre, le dossier du réaménagement du centre-ville aux «trois référendums» (dont ceux de 2024 et du 30 novembre dernier) a crispé les débats. Les attaques répétées de l’Entente et de l’UDC ont consolidé le front en béton armé qui s’est érigé entre les deux formations et le reste de l’hémicycle.

C’est la principale raison d’être du bloc de centre-droit réuni sur la liste au Conseil communal «Ensemble!»: 44 candidats, dont 28 PLR, 8 AlternativeS et quelques indépendants, adoubés par les Vert’libéraux et le Centre. «Il s’agit d’une alliance contre la démagogie, attaque Matthieu Mantanus, président du PLR. Nous avons l’habitude de nous mettre autour de la table, pas de la renverser et de dire non à tout!»

Cyril Zoller, chef de file d’AlternativeS (7 élus aujourd’hui) souscrit pleinement, même s’il avoue aussi que nécessité fait loi. «Nous avons réussi à réunir huit noms, mais c’était trop peu pour lancer notre propre liste.»

Les Verts et les Socialistes feront bloc avec deux listes apparentées, la première comptant 17 noms (pour 9 élus actuellement) et la seconde 22 (11). «Aigle restera une ville de droite, mais nous devons resserrer les rangs et viser un équilibre acceptable pour tout le monde», estime Philippe Ranc, président des Verts.

Pour Brigitte Roulin, présidente du PS, «la gauche doit parler d’une seule voix» compte tenu du contexte. «C’est triste de voir deux partis au discours constamment négatif contrer toutes les décisions et projets de la Municipalité. Ils prennent trop de place malgré un nombre d’élus réduit (ndlr: 8 conseillers communaux pour l’Entente, autant pour l’UDC).»

Ces derniers n’ont cure des critiques et partent au front en nombre. L’Entente présente 19 noms au Conseil communal et l’UDC 22. «Nous visons une augmentation de nos sièges, l’idée étant que les bons partis soient bien élus, lance Marcel Jacques Bacca, commerçant et élu de l’Entente. Nous sommes extrêmement déçus de la gestion communale actuelle et notre ville devient de moins en moins attrayante.»

Didier Badan, président de l’UDC, y va à la provocation. «Maintenant que le PLR s’est allié à des partis gauchistes et a disparu au profit de , nous sommes le dernier parti de droite. Des obstructionnistes? Nous ne faisons qu’attirer l’attention sur des sujets importants et les référendums font partie du jeu démocratique, ils sont notre seul moyen de nous faire entendre.»

Ambitions PLR, rêve UDC
À la Municipalité, ils seront huit pour cinq fauteuils. Les cinq sortants se représentent: le syndic Grégory Devaud et Fabrice Cottier pour le PLR, Maude Allora (AlternativeS), Jean-Luc Duroux (indépendant sous la bannière Démarche citoyenne) et l’actuel président du Grand Conseil, Stéphane Montangero (PS).

Le PLR tentera de récupérer sa majorité perdue en 2021 et se dit «légitime» à lancer un troisième candidat, Jean-Marc Soutter. Fils de l’ancien syndic Marc-Henry Soutter, «il représente la tradition aiglonne pour la frange plus conservatrice de notre électorat», ajoute Matthieu Mantanus.

Plus à droite, l’UDC part avec Gabriel Clément, fort du mantra de sa formation – «priorité au désendettement». Il cherchera à offrir à son parti une entrée historique à l’Exécutif aiglon. L’Entente ne présente aucun candidat pour l’heure. «Nous aviserons en fonction du premier tour, nous restons à l’affût», affirme Marcel Jacques Bacca.

Stéphane Montangero (PS) partira seul pour confirmer son propre siège. Les Verts lancent quant à eux Claudia Manna, «une femme aux convictions écologiques fortes pour un Exécutif plus vert encore et plus féminin», selon Philippe Ranc. KDM

Villeneuve: Une nouvelle alliance qui n’a pas froid aux yeux

Onze candidats se disputent les cinq sièges de l’Exécutif villeneuvois. Parmi eux, trois des cinq municipaux sortants sollicitent un nouveau mandat, à l’exception de Dominique Pythoud (PS) et de la syndique Corinne Ingold (PLR).

En 2021, le PLR avait conquis la majorité avec trois élus, complétée par deux socialistes. Cinq ans plus tard, cette majorité du centre-droit essuie une pluie de critiques des autres partis.

«Cette législature a montré qu’une majorité dominée par le PLR n’a pas toujours réussi à orienter l’action municipale vers l’essentiel. Si l’engagement des autorités n’est pas en cause, les priorités ont parfois manqué de clarté et de cohérence, et les problèmes se sont accumulés plus vite qu’ils n’ont pu être résolus», estiment le Parti socialiste et les Verts.

Ce climat a notamment favorisé l’émergence d’une nouvelle force politique. Baptisée «L’Entente – L’alternative pour Villeneuve», cette alliance réunissant l’UDC, Le Centre et les Indépendants de droite, juge la gestion de la dernière législature «catastrophique» et «sans précédent», dénonçant une absence de vision et d’objectifs, des dérives budgétaires, une explosion des charges de personnel, une léthargie économique et touristique, ainsi qu’une multiplication excessive de bureaucratie.

L’Entente ambitionne de bousculer le statu quo en présentant un ticket à quatre candidats, dont deux UDC, Dylan Karlen et Charles-Henri Pilet, et deux centristes, Jean-Daniel Zufferey et Sanja Stanic. «L’ambition est un changement de cap, tant dans les objectifs municipaux que dans la méthode. Nous visons donc autant de sièges que nécessaire pour y parvenir.» Après la perte d’un siège en 2021, l’UDC entend bien faire son retour à l’Exécutif.

Le PLR défend son cap
Face à ces critiques, le PLR dit entrer sereinement en campagne. «Contrairement aux accusations formulées, le bilan des municipaux PLR sortants est concret et documenté. L’administration a été restructurée pour accompagner la croissance de la population. Malgré des contraintes externes majeures, les finances sont restées maîtrisées: la dette a diminué de 15% entre 2020 et 2024 et les charges d’intérêts restent marginales», assure-t-il. En misant sur des candidatures jugées «solides» – deux municipaux sortants, Marie-Claude Pellet et Marcel Rechsteiner, accompagnés de deux nouvelles figures: Núria Gerber et Nicolas Riesen – le Parti libéral-radical compte bien conserver sa majorité. «Le PLR assume que la législature écoulée a été une période de transition. Elle a permis de poser des bases solides. La prochaine devra être celle de la concrétisation.»

À gauche, l’alliance regroupant le PS et les Verts propose trois candidats, dont le municipal sortant Léonard Studer, ainsi que Arbër Jagoda et Serge Lopez. «Notre force réside dans un projet commun construit sur la durée, une capacité à travailler ensemble sans rivalités internes, et une vision à long terme orientée vers des solutions concrètes plutôt que des effets d’annonce.» Au Conseil communal, 67 candidats répartis sur cinq listes sont en lice pour les 50 sièges. LME

Roche: Cinq prétendants pour cinq sièges

Julien Cattin ne se représentant pas, l’Entente ne part qu’à deux candidats à la Municipalité – Eric Portner et Thierry Blanc, tous deux sortants – alors qu’elle occupe trois sièges actuellement. Le Groupement Démocrate et Social Rotzéran de la syndique Aurélie Tulot (sortante elle aussi) pourrait obtenir un deuxième siège en présentant Gilles Nagloo, candidat malheureux lors de l’élection complémentaire de 2023. Jean-Marc Chavannes (Indépendant) complète le tir en se présentant à sa propre succession. Pour le Conseil communal, trois listes ont été déposées: celles de l’Entente (30 candidats pour 23 élus actuellement), du GDSR (25 pour 12) et de l’Alternative Rotzérane (12 pour 9). KDM

Chessel: Au moins un nouveau à l’Exécutif

Chessel aura un ou une nouvelle syndic/syndique au 1er juillet puisque Jacques Borgeaud ne se représente pas. Les quatre autres membres de l’Exécutif sont, eux, partants: Christophe Krummenacher, Laurent Clément, Séverine Stettler et Marc-Olivier Narbel. Ils ne peuvent toutefois être sûrs de leur réélection puisque deux nouveaux candidats prétendront aussi à un siège: Anissa Nafzger et Michaël Widmer. KDM

Noville: Municipalité fortement remaniée

Vent de renouveau à Noville. Non seulement l’emblématique syndic Pierre-Alain Karlen (à l’Exécutif depuis 2002) ne se représente pas, mais Pierre-Alain Favrod, sur la liste Noville Avenir, sera l’unique représentant de la Municipalité actuelle. En effet, Roland Mooser, Reynald Daenzer et Corinne Ballif Grognuz ne sont pas candidats à leur succession. Sur la liste «Pour Noville», cinq prétendants à un siège: Patrick Kirchhofer, Valentina Aliu, Gérard Pernet, Sylvie Abellan et Kevin Grangier, actuel président du Conseil communal. Pour le Conseil communal, une seule liste d’Entente de 43 noms doit permettre la constitution d’un organe délibérant à 35 membres. KDM

Corbeyrier: Il manque un candidat pour l’Exécutifa

Il y aura forcément un deuxième tour à Corbeyrier étant donné qu’il n’y a que quatre candidats pour cinq sièges à la Municipalité. La syndique Monique Tschumi dit stop, tout comme Christine Christen et Steve Dind, qui ne rempileront pas pour un nouveau mandat. Guy Bochud et Christian Roubaty seront ainsi les deux seuls sortants de la Municipalité actuelle. Les deux autres prétendants sont Daniel Bernard et Barbara Genillard. Pour le Conseil communal (30 membres), les citoyens robaleux auront 36 noms au choix sur une liste unique. KDM

Rennaz: Une course presque gagnée d’avance

Peu de suspense à Rennaz, où cinq candidats briguent les cinq sièges de l’Exécutif. Si la syndique sortante Muriel Ferrara ne se représente pas à l’Exécutif pour des raisons personnelles, ses quatre collègues actuels remettent leur mandat en jeu: Carine Boulard, Yvan Burnier, Gérald Dumusc et Fabio Lecci rempilent sur la liste apolitique «L’Entente Rennaz». Une nouvelle candidate entre en lice. Membre du Conseil général depuis 2021, Sarah Bornet se présente sous la bannière «Pour Rennaz». Du côté du Législatif, la Commune, dotée d’un Conseil général, ne compte pas de liste électorale. LME

Leysin: L’élu n’est pas «démissionnaire»

Dans notre édition de la semaine dernière, le texte concernant les enjeux à Leysin comportait une erreur. Si Daniel Nikles ne sera effectivement pas candidat à l’Exécutif le 8 mars, il n’est pas «démissionnaire», comme écrit. L’élu du Forum a simplement décidé de ne pas se représenter pour un nouveau mandat à l’issue de la législature en cours. KDM

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