Ex-élue vaudoise, Patricia Lachat se démène sur place pour les Libanais

Patricia Lachat coordonne toute l’opération à Beyrouth, avec des bénévoles: achat dans des petites surfaces, constitution de colis, livraison d’autres produits.  | DR

Humanitaire
L’ancienne édile chablaisienne collecte et distribue des vivres et des biens de première nécessité aux habitants minés par les bombardements incessants de Tsahal. Témoignage à Beyrouth.

Depuis plusieurs semaines, l’armée israélienne bombarde une partie du Liban, notamment Beyrouth-Sud, pour y détruire les fiefs du Hezbollah. Cette faction chiite, d’obédience iranienne, domine politiquement et militairement le Pays du Cèdre. On dénombre depuis le début de l’incursion environ 1,2 million
de morts et 5,3 millions d’habitants déplacés.

Une conférence qui s’est tenue dernièrement à Paris a permis de lever 800 millions de dollars pour l’aide humanitaire. Sur place, organisations non gouvernementales, comme la Croix-Rouge suisse, et petites mains s’affairent pour pallier les premiers besoins. C’est le cas de Patricia Lachat. On l’avait quittée il y a un an et demi, quand elle avait démissionné de son poste de préfète du Chablais. La Vaudoise fut auparavant syndique de Villeneuve et députée. Elle se trouve désormais auprès de ceux qui ont tout perdu.

Une première en 2020

«Je ne vis pas encore définitivement au Liban, mais j’y passe une grande partie de l’année et fais de nombreux allers-retours.» Son mari, suisse d’origine libanaise, l’accompagne en fonction de ses activités professionnelles en Suisse. La Chablaisienne ne vit pas à Beyrouth, mais à une vingtaine de kilomètres, au Mont-Liban, majoritairement chrétien maronite.

«Cela étant, nos actions se concentrent essentiellement sur Beyrouth. C’est moi-même qui m’occupe de leur coordination avec le soutien et la collaboration intenses de l’ensemble du comité de Swiss Lebanon en Suisse.» Cette entité a été créée il y a 4 ans. En font partie la syndique de Veytaux, Christine Chevalley, et Tania Tawadros pour qui «Patricia est désormais presque plus libanaise que suisse». 

«Nos actions via Swiss Lebanon ont débuté grâce aux donateurs le lendemain de la malheureuse explosion dans le port de Beyrouth en 2020. Nous avons récolté des produits de première nécessité, stockés dans un dépôt mis à disposition grâce à la Commune d’Aigle et à l’armée suisse. Nous avons ensuite envoyé des containers au Liban, avec distribution directe aux familles lésées à Beyrouth, poursuit Patricia Lachat. Aides aux hôpitaux et aux pompiers ont également été acheminées par l’association.»

Entretenir l’espoir

C’est donc avec ce savoir-faire que l’ancienne édile poursuit son action caritative sur le terrain. Dans des conditions particulièrement dangereuses. «Les bombardements intenses restreignent et rendent compliqués les déplacements à Beyrouth.» Ils augmentent considérablement les besoins des actions à mener auprès des familles. Mais encore des déplacés: «Et ce, depuis le sud et la banlieue de Beyrouth dans la zone du Mont-Liban et Maten, ainsi que dans d’autres zones plus calmes où il n’y a pas de présence du Hezbollah. Dans le cadre de nos actions, nous ne faisons aucune différence confessionnelle», précise Patricia Lachat.

Face à la guerre, les Libanais manquent de tout: nourriture, habits, matelas, couvertures, médicaments. «En collaboration avec un club local, nous fabriquons des duvets que nous distribuons. Jeunes filles et garçons, étudiants et membres de la famille s’affairent. Ces bénévoles se sentent utiles et sont motivés, relève l’ancienne élue. Cela leur donne du courage que des gens en Suisse les soutiennent et que nous soyons présents à leurs côtés.» 

Beaucoup de travail se fait ici grâce aux nombreuses petites associations. La marchandise est acquise chez des petits commerçants et primeurs. «Nous organisons leur emballage et nous nous déplaçons pour les distribuer aux familles installées dans les écoles, dans les locaux publics ou encore directement dans la rue.» Les récoltes d’argent, elles, se passent en Suisse par différentes actions: appels aux dons, présentations de la situation au Liban dans les clubs service et bientôt au Marché de Noël solidaire, en décembre à Lausanne. Des épices et de l’artisanat locaux y seront vendus. Et Patricia Lachat de conclure: «Familles entières, hommes, femmes, enfants, personnes âgées vivent chaque jour dans la peur. Mais aussi avec l’espoir d’un avenir meilleur. Cela ne peut que nous encourager à continuer nos actions!»

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