
Formé depuis une année, le groupe «Feeze» est composé de (g. à d.) Aloïs Francey, Mateo Thode, Catia Da Costa, Mehdi Gervaix, Timothée Dromelet. | F. Thode
«One, two, three!» La baguette fait teinter la caisse claire, puis c’est au tour des sons électriques de la guitare de faire résonner la salle. Et ça déménage! À quelques heures de la soirée de palmarès du Conservatoire Montreux-Vevey-Riviera (CMVR) au Théâtre Le Reflet à Vevey, c’est le «sound check» des quelque 60 musiciens.
«Catia est déjà partie? Elle doit encore faire des tests micro…» Entre répétitions de dernières minutes et examens universitaires ou de fin de scolarité obligatoire, le multi-instrumentiste Germain Umdenstock fait office de chef d’orchestre parmi ce joyeux capharnaüm.
C’est sous son égide que plusieurs musiciens, âgés de 8 à 22 ans, forment aujourd’hui dix groupes différents, tous créés grâce aux «ateliers rock» du conservatoire. Et cette année, nouveauté: leur professeur de musique leur fait expérimenter une petite tournée, «pour faire l’expérience d’une vraie vie de musique», selon ses mots.
Des jeunes groupes vont se frotter pour la première fois à la scène. Un baptême du feu, «un peu stressant» pour l’harmoniciste de «White Blueberries» Charles Delarive, mais qui avoue surtout se réjouir. «C’est une première, mais on est bien préparées», nous glisse Maria Ferreira Gonçaleves de «Hope Girls».
Comme les grands
Jusqu’au 27 juillet, plusieurs groupes se produisent sur des scènes locales, jusqu’aux planches internationales du Festival de jazz de Montreux. En plus de sa casquette d’enseignant, Germain Umdenstock est aussi devenu manager. «Je suis en contact avec différentes institutions culturelles locales pour permettre aux jeunes de se produire.»
Parmi la dizaine de groupes, il y a notamment «Feeze» et «Mercure», deux étoiles montantes des ateliers rock du CMVR, qui enchaînent tous deux plusieurs dates jusqu’au concert sur la scène Super Bock du Montreux Jazz Festival, le dimanche 7 juillet.
«Il y a des gens 30’000 fois plus connus que nous qui joueront durant ce festival, c’est hyper stylé!» Du haut de ses 13 ans, le batteur de «Mercure» David Degoumois a hâte de se produire à Montreux. «C’est une grande chance de nous faire découvrir», renchérit le bassiste du groupe Nolan Geiser.
Avec une autre date le même jour, dans la matinée du 7 juillet, dans le quartier des Planches, toujours à Montreux, il s’agit de leur première expérience de «tournée», soit le fait d’enchaîner plusieurs dates. «C’est un rythme motivant, ajoute la guitariste de «Mercure» Eva Parmentier. Notre coach Germain nous pousse et cela nous fait avancer! C’est un aperçu du quotidien d’un musicien professionnel.»
Découvrir de multiples facettes
Si les cinq musiciens de «Mercure» ne se connaissaient pas du tout avant l’atelier rock du conservatoire, ils ont désormais tissé davantage que des connexions musicales. «Par rapport aux cours individuels, l’expérience collective reflète mieux la vie de musicien professionnel, détaille Germain Umdenstock. Ma mission, c’est de créer des groupes cohérents et de leur faire goûter les différentes facettes des métiers du spectacle. C’est aussi de pouvoir pérenniser cette envie de tournée estivale chez ces jeunes.»
Avec déjà une quinzaine de dates à leur effectif, les musiciens de «Feeze» se réjouissent de se produire à nouveau au Montreux Jazz Festival. «Avec deux dates durant cet événement, c’est une visibilité de fou», nous explique le saxophoniste et bassiste Mehdi Gervaix.
Une belle consécration, car à l’image de ces derniers tests avant les concerts du palmarès du conservatoire, entre formation et musique, il est parfois difficile de tout concilier. «Il est surtout compliqué de trouver des salles de répétition dans la région, nuance Mehdi Gervaix. Nous jouons actuellement dans une cave humide, faute de mieux!»
