Fermé depuis deux mois, Fun Planet est en passe de trouver un repreneur

Quand et sous quelle forme le Fun Planet rouvrira-t-il? La balle est à présent dans le camp de son futur exploitant. Des discussions en vue d’une reprise sont en cours avec une société alémanique.   | R. Brousoz

Rennaz
Débranché début juillet pour limiter les pertes financières, le centre de loisirs chablaisien devrait finalement changer de mains. Licenciés lors de la fermeture, d’anciens employés dénoncent un «manque de considération».

Il y a deux mois, il a été plongé dans un coma artificiel pour faire face à ses difficultés économiques: le Fun Planet de Rennaz semble proche d’un nouveau départ. «Nous avons trouvé une société qui devrait reprendre l’exploitation», annonce son administrateur. Pour mémoire, le centre de loisirs chablaisien n’a jamais pu vraiment récupérer son souffle depuis la pandémie. Si bien qu’au début de cet été, son personnel a été licencié et le site a été mis en pause, afin d’éviter de «creuser le trou plus profondément» (voir édition 211, 9 juillet 2025). 

Après un été de tractations, c’est finalement la solution d’une reprise par une autre société qui a été décidée. «Une entreprise basée en Suisse alémanique s’est positionnée», précise l’administrateur de Fun Planet. Ce dernier ajoute que «seuls les locaux seront récupérés». Soit, essentiellement, le bail à loyer. «Nos successeurs s’occuperont de remonter le centre d’une feuille blanche, image-t-il. La société Fun Planet Jeux SA n’a plus lieu d’exister, elle sera donc liquidée.» Sa faillite a d’ailleurs été prononcée le 25 août dernier par le Tribunal de Vevey.

Quant à savoir quand, sous quel nom et sous quelle forme le temple du jeu – dont les 12’000  m2 de surface appartiennent à un fonds immobilier – rouvrira ses portes, c’est encore le flou qui règne. «Le plus important, c’est que l’activité reparte au plus vite et que l’on puisse faire une offre de travail aux anciens collaborateurs, pour celles et ceux qui sont libres et qui désireraient revenir.»              

Car lors du débranchement le 30 juin dernier, une dizaine d’employés fixes ont été licenciés du jour au lendemain. «Au cours d’une séance, on nous a annoncé la fermeture. La direction nous a assuré que tous les salaires et soldes de tous comptes seraient honorés et que nous pouvions nous inscrire au chômage», raconte une personne qui travaillait sur le site.

Ex-employés inquiets

Oui mais voilà, les démarches n’ont visiblement pas été simples. «Il nous manquait des documents comme le contrat, le décompte des heures supplémentaires ou le certificat de travail», déplore un autre employé. Selon lui, les papiers arrivent au compte-goutte, erronés et pas forcément chez tout le monde. 

Et puis il y a cette inquiétude: «Notre employeur était tenu de régler les mois de préavis, les vacances et autres soldes. Pour certains collaborateurs, les montants totaux s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers de francs. Mais maintenant que la faillite est actée, il n’y a pas de certitude de pouvoir récupérer cet argent un jour. Certes, l’assurance chômage pour l’indemnité en cas de non solvabilité peut maintenant être activée, mais elle ne couvrira qu’une infime partie des sommes dues. Le reste sera à tenter de récupérer à la fin de la procédure de faillite, pour peu qu’il reste encore quelque chose. » 

Mais c’est surtout un manque de communication qui est déploré. «Malgré nos lettres recommandées et nos mises en demeure, nous n’avons reçu que trois mails flous, disent-ils. Nous comprenons la situation, mais le service des ressources humaines aurait au moins pu nous tenir au courant de manière régulière sur les marches à suivre ou les formulaires à remplir. C’est dommage d’avoir si peu de considération quand on s’est donnés à fond pour eux.» 

«Une décision prise dans leur intérêt»

Invité à réagir, l’administrateur de Fun Planet concède un «léger retard» survenu juste après la fermeture. «La personne responsable des ressources humaines a été hospitalisée durant cinq jours. Mais après cela, l’ensemble des collaborateurs ont reçu les documents pour aller au chômage.» Selon lui, tous les courriers reçus des employés les semaines suivantes ont été transmis directement à l’Office des faillites.

«Et je réfute un quelconque manque de communication ou de considération, poursuit-il. Je me suis présenté devant le personnel le 30 juin pour leur expliquer de vive voix que la décision de fermer avait été prise dans leur intérêt, afin de pouvoir sauvegarder ce qu’on leur doit. Et de préciser: «La vente d’une parcelle voisine a permis de provisionner un montant à cet effet. Je peux vous garantir que la somme est suffisante pour régler ce qui est dû au personnel.» 

Une enveloppe qui est désormais en main de l’Office des faillites, et qui sera selon lui distribuée par les caisses de chômage. Et le patron de Fun Planet d’assurer: «Les montants seront versés intégralement.»