«Frais du jour», le stamm du quartier des Planches

Eliane et Pascal Guillaume sont les tenanciers de la boulangerie «Frais du jour» depuis 2003. 

Montreux
Loin des artères principales, cette boulangerie, qui abrite aussi café depuis près d’un siècle, réunit tout un monde. Pour éviter tout gaspillage, le pain invendu est à 1 franc.

Lorsque vous pénétrez le matin chez «Frais du Jour», une irrésistible odeur de bon pain frais vous titille les narines. Mais ce qui vous surprend avant tout lorsque vous poussez la porte, c’est le microcosme qui s’y retrouve à l’heure du café. Il y a du monde, beaucoup de monde même, en plus de ceux qui se rendent ici pour acheter pains, viennoiseries et sandwiches. 

Une foule assise autour des tables ou sur les tabourets placés devant le comptoir. Certains sont même debout. L’ambiance qui règne à la rue de la Corsaz est inattendue. Voisins et collaborateurs des services publics de la Ville s’y croisent, échangent, bavardent de tout et de rien.

Ce lieu prisé du quartier des Planches existe depuis 1936. Mais ce n’est qu’en 2003 que Pascal et Eliane Guillaume décident de reprendre ce qui était alors uniquement un café. Pascal est tombé jeune «dans la marmite», puisque son papa avait déjà opté pour la boulange.

Des «fesses» sur l’étalage

Ici, l’on fabrique donc du pain, mais pas n’importe quel pain et pas n’importe comment, assurent les patrons. «Nous nous efforçons de propager et de partager le bien. Nous sommes déterminés à créer de bons produits avec les meilleurs ingrédients et nos clients s’en rendent compte.» On y trouve aussi des pains au chocolat, douze types de croissants, des brioches appelées «fesses», des sandwiches, ou suivant l’heure, des salades et omelettes.

Pour réaliser ces gourmandises, le couple se lève tôt. «Nous sommes là à 1h du matin, puis nous ouvrons à 5h, du lundi au jeudi.» Les livraisons ont lieu quant à elles du lundi au vendredi matin. 

Plusieurs récompenses sont venues honorer le professionnalisme du couple, dont celle de Chevalier du Bon Pain. Mais ici, on opte plutôt pour l’humilité. «Peu importe ces titres. Notre première préoccupation, c’est que nos clients se sentent ici comme chez eux. Nous les accueillons comme s’ils faisaient partie de la famille. On les sert avec amour», confient Pascal et Eliane.

Une boîte située à l’extérieur de la boutique interpelle. Les gérants y déposent le pain frais du jour qui n’a pas été vendu lorsqu’ils ferment à 12h45. Le quidam est donc invité à se servir, puis à laisser leur participation à hauteur de 1 franc. Faire plaisir à son prochain, la devise d’Eliane et de Pascal Guillaume. 

 

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