Fréquentation en hausse pour les différents marchés de Noël

Récipiendaire du Watt d’Or 2026, le directeur de Gaznat Gilles Verdan s’engage à pérenniser l’avenir énergétique de la Suisse.  | P. Combremont

Manifestations
Restaurants, buvettes, concerts et autres attractions ont attiré plus de 650’000 personnes sur les différents sites de Riviera Noël. Un bilan «très positif», selon les organisateurs.

Au chemin des Îles, les conduites hors sol, les modules pavillonnaires et le silo de gaz donnent à ce quartier industriel aiglon un aspect de station de recherche futuriste. «Comme le site se trouve dans une zone potentiellement inondable du Rhône, il a fallu construire sur pied et surélever tous les bâtiments à plus d’un mètre du sol», explique le directeur général de Gaznat, Gilles Verdan.
C’est là que l’entreprise de transport romande a développé le projet d’Innovation Lab, un système énergétique global innovant. Objectifs: porter à maturité des technologies pour favoriser la décarbonation et le stockage saisonnier. Mise à disposition des chercheurs de l’EPFL et de start-up, cette plateforme permet de tester plusieurs procédés industriels pour aboutir notamment à la production de méthane de synthèse, neutre en CO₂.
Décerné le 8 janvier par l’Office fédéral de l’énergie, le prix du Watt d’Or est venu récompenser les efforts du plus grand laboratoire romand à échelle industrielle. «C’est une belle récompense, une magnifique reconnaissance, se réjouit le directeur. Cela montre que les solutions ne sont pas seulement théoriques, mais qu’elles existent et qu’elles fonctionnent.»

Un gaz de synthèse neutre
Principale innovation de ce laboratoire: un réacteur de méthanation, qui est un dispositif clé dans la production de gaz renouvelable.
Ce réacteur permet de convertir le dioxyde de carbone (CO₂) et l’hydrogène (H₂) en méthane synthétique neutre en CO₂. Ce processus permet de stocker l’électricité renouvelable excédentaire en été pour une utilisation en hiver, ainsi que de décarboner le réseau gazier.
D’un côté, le dioxyde de carbone est capté dans les installations «de couplage chaleur-force» du laboratoire. De quoi s’agit-il? D’installations décentralisées alimentées totalement ou partiellement au moyen d’énergies fossiles, qui produisent à la fois de la chaleur et de l’électricité. Des membranes en graphène, en quelque sorte des passoires, permettent ensuite d’en capturer le CO₂ et de le stocker, image Gilles Verdan.
L’énergie électrique des panneaux photovoltaïques du bâtiment est, quant à elle, transformée en hydrogène grâce au processus d’électrolyse.
Ce gaz de synthèse vert peut ensuite être réinjecté dans le réseau, à destination des clients industriels et privés. Résultat: le projet permet de «décarboner» ses propres activités industrielles et de recycler le CO₂.

Assurer la sécurité d’approvisionnement
Depuis le conflit en Ukraine et la pandémie, le marché du gaz en Suisse a fait face à des tensions, avec comme corollaire des prix du gaz très élevés. Cette augmentation s’est traduite en 2022 par une utilisation accrue du mazout, pour ne pas dire un retour en force du «fuel». «Le prix dicte le marché, relève Gilles Verdan, même si la situation s’est normalisée.»
Aujourd’hui, l’approvisionnement, qui a toujours été diversifié pour des motifs de sécurité d’approvisionnement, a une dépendance moindre de la Russie. L’entreprise de transport Gaznat travaille notamment avec un producteur norvégien et une autre société en France.
Ces processus permettraient de flexibiliser et de régulariser le réseau gaz, mais aussi électrique. L’excédentaire estival d’électricité renouvelable pourrait en effet être converti en gaz de synthèse, stocké puis utilisé en hiver. À terme, l’entreprise va d’ailleurs tester un système de pile à combustible réversible et travaille encore sur un projet de stockage souterrain en cavités rocheuse en sous-sol, à Oberwald, dans le Haut-Valais.