
Une manifestation propalestinienne s’est tenue vendredi pour protester contre la venue d’une équipe de basket israélienne dans le cadre du tournoi amical de la Coupe Zana. | O. Meylan
«Oui, le sport c’est politique! Nous ne boycottons pas des jeunes athlètes, mais bien un club qui soutient la politique criminelle de l’État israélien. Nous sommes ici à cause du génocide en cours à Gaza, et parce que notre gouvernement n’agit pas!» Sur le parvis de la Grenette, Marc Bertholet s’est exprimé face à une centaine de personnes, réunies en soutien à la population palestinienne, et pour contester la venue de l’équipe de basket Maccabi Tel-Aviv pour la Coupe Zana.
Le cortège s’est déroulé sans heurts, dans une ambiance joviale, sous les cris d’enfants et de leurs parents. «C’est la moindre des choses d’être là ce soir, face au génocide en cours», nous a dit un papa de Saint-Légier, accompagné de son fils de 4 ans. La manifestation s’est terminée en face des Galeries du Rivage, où une pétition de plus de 500 signatures a été symboliquement remise – texte qui demandait au Vevey Riviera Basketball Club de retirer son invitation .
Keffiehs, casseroles et slogans – «Gaza, Vevey t’entend!» ou encore «Israël criminel, Maccabi complice!» – ont rythmé le déplacement de la foule, de la place du Marché jusqu’aux Galeries du Rivage, en faisant une boucle du côté de Nestlé. Environ un millier de manifestants, selon les organisateurs, et 200 selon la police, ont soutenu la demande de boycott de l’événement sportif.
Invitation controversée
La Zana Cup, un tournoi international de basket pour les moins de 16 ans (U16), se déroule en partie aux Galeries du Rivage – soit des salles communales – du vendredi 5 au dimanche 7 septembre. Un tournoi qui a viré à la polémique. En cause: l’organisateur et président du club Vevey Riviera Basket, Nathan Zana a décidé d’inviter l’équipe du club israélien Maccabi Tel-Aviv.
Ce lundi, l’entraîneur veveysan nous a confirmé le bon déroulé du tournoi. La rencontre avec le Maccabi Tel-Aviv a eu lieu dans le respect des règles édictées par la Ville, sauf une. «Les joueurs ont endossé leurs maillots, atteste Nathan Zana. Tout le reste a été respecté et les matches se sont enchaînés dans une bonne ambiance.»
Après discussions, les autorités ont finalement décidé d’autoriser le tournoi, uniquement sous «conditions strictes». À savoir que les basketteurs du Maccabi Tel-Aviv ne devaient pas être identifiés par les couleurs de leur équipe, et aucun emblème lié au club, à l’État d’Israël ou au conflit ne devait être présent durant la Coupe.
Dégager la politique du terrain
Ayant appris la participation du Maccabi Tel-Aviv deux semaines avant le tournoi, la Municipalité a entamé un dialogue avec son organisateur, Nathan Zana, afin qu’il renonce à l’invitation du club.
À la suite de son refus, la Ville décide alors de retirer sa subvention de 1’000 francs, pour des raisons de sécurité et du soutien affiché du club au gouvernement israélien et à ses actions militaires en Palestine. «C’est un acte certes symbolique, mais qui exprime la désolidarisation avec ce tournoi», précise la municipale chargée des sports Laurie Willommet.
Dans un contexte tendu et des délais très courts, Laurie Willommet a encore tenu à rappeler que l’objectif était de «s’assurer que ce tournoi ne soit pas instrumentalisé, et qu’il ne serve pas de vitrine politique».
