
Voiliers au port d’Eugène Boudin. | The Armand Hammer Collection – Fondation Hammer Museum.
Après le véritable coup de poing pictural asséné par la dernière exposition dédiée au génie Francis Bacon, la Fondation Gianadda nous ramène au calme et à la volupté avec une collection particulière et plutôt exhaustive, qui s’étendra du 20 juin au 2 décembre. Elle sera pour l’écrasante majorité inédite, car les œuvres proviennent d’outre-Atlantique et n’ont jamais retraversé l’océan.
De Degas au «roi des cieux» Boudin, de Sisley à Bonnard, en passant par Manet, Renoir et bien d’autres, l’exposition «De Rembrandt à Van Gogh» est constituée d’œuvres appartenant au Hammer Museum. Cet espace muséal se trouve niché au cœur de la prestigieuse et célèbre UCLA (Université de Californie à Los Angeles). Une quarantaine de tableaux ont fait le voyage pour être suspendus aux cimaises octoduriennes.
Le musée californien recèle des trésors européens et américains collectés tout au long de sa vie par Armand Hammer (1898-1990). Cet homme d’affaires, à l’instar de ses compatriotes Dr Barnes et Henry Frick, a acquis peintures, sculptures, pastels, gravures et encore bustes en bronze remarquables de Daumier – que n’aurait pas renié le Musée d’Orsay.
Entre Renaissance et XXe siècle
«De Rembrandt à Van Gogh est une exposition qui se parcourt comme une balade éclectique dans les siècles et au cours de laquelle, le public peut admirer des toiles renommées de maîtres européens et américains», résume Antoinette de Wolff, guide-conférencière à Gianadda.
Pour la Martigneraine, «cet ensemble permet de traverser les grands mouvements de l’art occidental depuis la Renaissance jusqu’au début du XXe siècle. Toutes ces réalisations témoignent de leur époque, du contexte social, économique et politique comme des grandes innovations et découvertes. Armand Hammer définissait sa collection comme une tentative de réunir certaines des représentations de la condition, des plaisirs et des rêves humains».
Hammer a lui-même déclaré: «J’éprouve le profond besoin de partager avec d’autres le magnifique spectacle, l’enthousiasme et la joie que ces œuvres d’art m’ont procuré.» Gageons que le public, spécialistes comme béotiens amateurs d’art, exaucera le vœu de ce personnage hors du commun, né à New York d’une mère russe et d’un père russo-américain de la première génération.
Il s’est approvisionné dans les plus grandes galeries parisiennes et new-yorkaises et les plus prestigieuses maisons de vente aux enchères, avec pour but d’ouvrir son trésor au public et de le faire voyager, ce qui a donné lieu à de maintes expositions à travers les décennies. «Hammer a également fait des dons importants aux musées et d’autres institutions.»
La France en fer de lance
La collection couvre un large spectre de l’Histoire de l’art, sur plus de 400 ans. Les plus grands sont représentés, avec une prédominance pour la peinture française, surtout celle du XIXe siècle. On pourra encore découvrir des artistes américains. Quelques créations anciennes signées de «monstres» tels Titien, Rembrandt, Chardin, Fragonard, ou Goya sont remarquables.
Hammer comme beaucoup de riches collectionneurs, notamment américains, s’est délecté des courants de l’Impressionnisme, du Postimpressionnisme et des Nabi. «La Vue sur Bordighera» de Monet devrait nous enchanter, tout comme «Boulevard de Montmartre» de son ami Pissarro. Entre de très nombreux exemples.
www.gianadda.ch
«De Rembrandt à Van Gogh», Collection Hammer à la Fondation Gianadda à Martigny. Du 20 juin au 2 décembre. Tous les jours, de 9h à 18h.
