Gianadda fait la part belle à la gravure

Disparate de taureaux (Francisco de Goya). | INHA-Paris. 

Martigny
La nouvelle exposition «L’art de l’empreinte» concentrera 178 estampes des XIXe et XXe siècles. Parmi les principaux artistes, Manet, Cassatt, Goya ou Munch.

La Fondation Gianadda collabore souvent avec des musées ou collections français. Pour sa prochaine exposition qui débute ce vendredi, les responsables de l’établissement martignerain se sont adjoint les pépites et connaissances de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art de Paris (INHA).

Précédemment connue sous Bibliothèque d’art et d’archéologie, l’institution a été fondée par le couturier et mécène Jacques Doucet (1853-1929) au début du XXe siècle. Gianadda avait présenté il y a plus de 30 ans l’exposition De Goya à Matisse, soit l’ensemble des estampes réunies par ce grand amateur d’art français. 

Ce sont près de 180 pièces qui sont exposées cette fois-ci aux cimaises du musée octodurien, du 12 décembre au 14 juin. Ce format d’estampe est le résultat de l’impression d’une gravure. Il comprend l’ensemble des techniques qui utilisent le creux ou l’incision pour produire à partir d’une matrice une série d’images ou d’écrits. 

Un regard inédit

«Cette présentation exceptionnelle d’œuvres modernes et contemporaines révèle l’immense créativité des artistes dans le domaine de l’estampe à travers l’histoire», annonce la fondation. Selon cette dernière, ce trésor «porte un regard inédit à la fois sur le caractère unique de cette collection, initiée au début du XXe siècle par le visionnaire Jacques Doucet, et sur le dynamisme de ses développements les plus récents». 

La sélection choisie privilégie le plaisir, la curiosité et la surprise à travers un parcours où œuvres anciennes et contemporaines sont mises en dialogue. L’exposition est organisée en différentes sections: «Énergies», «Figures», «Regards», «Paysages», «Hommages», «Situations», «Combats» et «Visions».

On y voit notamment de célèbres recueils de fantaisies gravés à l’eau-forte par Francisco de Goya, célébrissime peintre espagnol, décédé à Bordeaux en 1828. Autre génie encensé dans le monde de l’art depuis ses débuts: l’inclassable Edouard Manet. Authentique précurseur de la peinture moderne, l’auteur du «Fifre», du «Déjeuner sur l’Herbe» ou d’»Olympia», a exprimé dans des lithographies l’horreur de la répression lors des événements sanglants de la Commune de Paris.

À découvrir également, l’abstraction radicale du peintre et sculpteur new-yorkais Ellsworth Kelly, des figurations inquiètes du Norvégien Edvard Munch – auteur du célèbre «Le Cri»+ – ou les songes oniriques du Bordelais Odilon Redon. Dans «L’art de l’empreinte», l’homme se taille la part du lion. À l’instar des Edgar Degas, Georges Braque, Henri Matisse ou Henri de Toulouse-Lautrec.

Le public pourra enfin se plonger dans les œuvres de graveuses telles que Mary Cassatt. Cette artiste rarement exposée en Suisse fut la plus grande peintre du courant impressionniste avec Berthe Morisot, la belle-sœur de Manet.

www.gianadda.ch
«De Manet à Kelly: l’art de l’empreinte», du 12 décembre au 14 juin, tous les jours de 10h à 18h. Visites commentées les mercredis.

GALERIE