
Emmanuel Estoppey et Vincent Veillon ont eu un grand plaisir à élaborer une exposition sur les traces de l’aïeul de l’animateur. | D. Maldonado
C’est un homme qui a toujours vécu aux Plans-sur-Bex, au contact des Alpes vaudoises. Durant l’été, ce montagnard pure souche accompagnait des touristes venus de Suisse et d’ailleurs pour gravir les sommets de la région et du Valais. Adrien Veillon (1892-1990) était aussi garde-chasse et s’occupait de son bétail pendant l’hiver.
Sa passion pour l’escalade, il la tenait déjà de son père et de son oncle. Non loin du Grand Muveran, un sommet fut même nommé en leur honneur: «La Tête aux Veillon». Arrière-grand-père de l’animateur et humoriste Vincent Veillon, Adrien a été guide de montagne de 1914 à 1963. Le Bellerin tenait régulièrement à jour un petit carnet de course, lors de ses excursions avec ses clients.
Une exposition met en lumière jusqu’au 9 novembre ses véritables exploits réalisés à l’époque avec pour seul équipement du matériel précaire tel que chaussures cloutées, piolet et corde de chanvre. Au sein du carnotzet du restaurant du Miroir d’Argentine, plusieurs copies de pages de son carnet, une photo d’archive, ainsi qu’une sélection de photographies des montagnes avoisinantes sont à découvrir. Ces dernières ont été prises par Emmanuel Estoppey, une connaissance de Vincent.
Un farceur réfléchi
Adrien Veillon était surtout une figure familiale. «Il était l’idole de mon père. Il nous a quittés quand j’avais quatre ans, mais je me souviens qu’il me prenait sur ses genoux», confie Vincent Veillon.
L’animateur de la RTS a grandi avec les histoires de son arrière-grand-père. «Ce farceur au pied sûr était surtout un homme réfléchi, mais qui savait ne pas trop se prendre au sérieux.» Celui qu’on surnommait «grand-papa canne» dans ses dernières années – il a troqué son piolet pour une canne – était aussi un homme «débordant d’énergie», livre l’humoriste.
Père de Vincent, Pierre-François évoque aussi le temps passé avec Adrien. «Je passais toutes mes vacances d’été chez lui. Que de bons souvenirs, sourit-il. Quand il n’avait pas de courses, mon grand-père s’occupait de ses deux vaches et ses deux chèvres.» La vie là-haut était très rude, surtout en hiver quand il fallait chauffer de l’eau sur le fourneau. Le but? Tempérer la fontaine pour pouvoir ensuite abreuver le bétail. «C’était un homme courageux. Quand il est devenu veuf à 80 ans, il a pu compter sur l’appui de toute la famille, poursuit Pierre-François. Il a eu la chance de vivre chez lui jusqu’à ses 97 ans et d’avoir toute sa tête!»
La montagne transmet des émotions
Emmanuel Estoppey n’avait que 20 ans quand il a quitté Lausanne pour aller s’installer aux Plans-sur-Bex. Aujourd’hui quinquagénaire, il est le co-fondateur de l’Association Morcles Diablerets Muverans qui valorise la relation entre l’homme et la montagne. Il n’a pas hésité à contacter Vincent Veillon pour imaginer et préparer cette exposition.
«La montagne est belle, mais au-delà de simplement la capturer en photo, il faut surtout la vivre. En prenant le temps de l’observer, elle nous transmet des émotions fortes, précise celui qui est également accompagnateur en milieu alpin. C’est au cœur de ma démarche, je voulais avant tout capter cette osmose et la transmettre», conclut Emmanuel Estoppey.
alpesvaudoises.ch/fr/E195413/bex/exploration-photographique-le-carnet-de-course-d’adrien-solalex
«Le carnet de course d’Adrien», exploration photographique sur les traces d’Adrien Veillon. À voir gratuitement jusqu’au 9 novembre au restaurant Le Miroir d’Argentine, à Solalex.
